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Pas encore la retraite pour Maltais

La planchiste entame une année de repos, mais vise les Jeux olympiques de 2018 en Corée du Sud

Dominique Maltais croit à sa participation aux prochains Jeux olympiques si elle parvient à guérir ses problèmes de dos grâce à une saison de repos.
REUTERS Dominique Maltais croit à sa participation aux prochains Jeux olympiques si elle parvient à guérir ses problèmes de dos grâce à une saison de repos.

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Les sous-entendus à propos de la retraite de la planchiste Dominique Maltais devront être revus à la baisse puisqu’elle évoque maintenant l’idée de participer à ses quatrièmes Jeux olympiques en 2018.

Le Journal a appris que la médaillée d’argent des Jeux de Sotchi annoncera aujourd’hui son retrait volontaire de la compétition le temps d’un hiver, afin de régler des maux de dos qui l’ennuyaient ces dernières années et pour se donner toutes les chances de retourner en Coupe du monde en 2016-2017. Il lui restera alors une saison et demie pour retrouver ses réflexes de course avant les prochains Jeux à Pyeongchang.

«Je n’ai pas pris ma retraite encore», avise l’athlète de Petite-Rivière-Saint-François, qui se voit toujours dans le coup en février 2018, même si elle aura alors 37 ans.

«À 37 ans? Avec l’expérience que j’ai et une bonne équipe de soutien comme celle que j’avais à Sotchi, ce n’est pas une chose impossible», assure Maltais, appuyée dans sa démarche par Canada Snowboard (voir autre texte), qui la considère toujours comme étant membre de son équipe nationale.

Sortir de «l’enfer»

La Québécoise dit vouloir profiter de la saison à venir, qui ne compte ni championnats mondiaux ni Jeux olympiques, pour soumettre son dos à un programme de rééducation. Sa fédération nationale l’aurait déjà recommandée à une équipe de spécialistes de Vancouver pour corriger les dommages ligamentaires causés «à force d’être tombée toute croche ou sur le dos au fil des années», explique la spécialiste du snowboardcross, résignée devant sa cinquième place aux championnats mondiaux en janvier dernier.

«L’an passé, je n’ai pas eu une saison comme je l’aurais souhaitée à cause de mes problèmes de dos. J’ai dû quitter tous les camps d’entraînement plus tôt à cause de ça. Les championnats du monde ont été l’enfer pour moi. Malgré le peu de préparation et les douleurs physiques, j’ai quand même terminé deuxième au classement mondial. Ce n’est quand même pas désastreux», rappelle-t-elle.

«En ne faisant aucune compétition durant la prochaine année, je vais pouvoir me refaire une santé. Je fais ce que plusieurs autres athlètes ont déjà fait. Je n’ai jamais vraiment pris de repos, et cette année de recul va me permettre de prendre une décision à tête reposée sur mon avenir.»

Beaucoup de critères

Quintuple gagnante du globe de cristal de sa discipline, Maltais préfère toutefois ne pas se projeter aux Jeux en Corée du Sud. Elle insiste sur l’importance de compter sur tous les critères de réussite: «Mon dos, une équipe de soutien comme celle que j’ai eue à Sotchi, des commanditaires, la passion, etc.»

«J’aime encore la course. Mais je comprends mon sport et je sais que, pour gagner, il faut que tous les éléments soient réunis.»

L’équipe canadienne prête à l’attendre

«Si elle règle son problème de dos, on sera encore en “voiture” avec elle pour les Jeux de 2018.»

Le directeur de la haute performance de Canada Snowboard, Robert Joncas, se dit prêt à donner à Dominique Maltais la latitude requise pour retrouver son aplomb et éventuellement repousser le moment de sa retraite.

Une latitude

La fédération nationale n’a pas rayé le nom de la Québécoise de ses cartons pour le cycle olympique actuel. La montée de trois jeunes planchistes début vingtaine, Katie Anderson (20), Tess Chitchlow (20) et Zoe Bergermann (21), identifiées davantage en prévision des Jeux de 2022, accorde à Maltais la marge nécessaire pour s’accorder une saison sur la touche.

Le retour incertain de l’expérimentée Maelle Ricker, qui doit statuer sur son avenir le 4 novembre prochain après avoir raté la saison dernière en raison de blessures, contribue également à la liberté que peut s’offrir la double médaillée olympique de Charlevoix.

«Le cas de Dominique ressemble à celui de Maelle. On l’a soutenue elle aussi durant toute la saison dernière», affirme Joncas, qui compare leurs situations à celle du skieur Erik Guay, qui doit revenir en Coupe du monde après une saison pour soigner une blessure à un genou.

La direction de Canada Snowboard se dit prête à attendre Maltais, qu’elle juge toujours dans le coup depuis sa médaille d’argent aux Jeux de Sotchi en 2014.

«Encore aujourd’hui, si vous faites la liste des meilleures filles du monde en snowboardcross, ce sont les mêmes noms qui reviennent: Eva Samkova, Lindsey Jacobellis, Maelle Ricker, Dominique Maltais. Dominique apparaît encore aisément dans le top 8», observe Joncas.

Redonner au suivant

Si elle fait volontairement un pas de côté pour des raisons médicales, Maltais prend les moyens pour ne pas trop s’éloigner de son sport. Elle lance son «Académie DM», par laquelle elle développera notamment une concentration de sports de glisse au collège des Hauts-Sommets.