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Exploitation d’Anticosti: Heurtel «très préoccupé»

Le ministre de l’Environnement David Heurtel.
Photo d'Archives Le ministre de l’Environnement David Heurtel.

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Les émissions de gaz à effet de serre causées par l’exploitation potentielle d'hydrocarbures sur l’île d’Anticosti sont très préoccupantes, dit le ministre de l’Environnement.

«Ça ne nous laisse pas indifférents. C’est quelque chose de très préoccupant», a lancé David Heurtel mercredi à la sortie du conseil des ministres.

Le document de consultation de l’étude stratégique sur Anticosti, rendu public en milieu de journée, révèle que le Québec hausserait ses émissions de GES de 2 % dès la première année d’exploitation du mégaprojet énergétique. Ces 1,4 million de tonnes de GES rejetés dans l’atmosphère nuiraient considérablement à l’atteinte des ambitieuses cibles environnementales du gouvernement québécois.

M. Heurtel a annoncé en septembre qu’il espère réduire de 37,5 % les rejets de Co2 du Québec d’ici 2030. «Ça pose des questions importantes», a admis M. Heurtel lors de ce point de presse improvisé.

Le ministre s’est questionné à haute voix sur la compatibilité de l’exploitation à grande échelle d’hydrocarbure et l’objectif de lutte aux changements climatiques de la province. Le projet d’Anticosti pourrait s’étendre sur plus de 75 ans. «Jusqu’en 2090», dit M. Heurtel. Or «la communauté scientifique et les États sérieux en matière de lutte contre les changements climatiques disent clairement qu’il faut éliminer complètement nos émissions de GES durant cette période», a-t-il souligné. «Ça pose une question très sérieuse au niveau de nos choix énergétiques, de notre vision énergétique», a-t-il ajouté. L’évaluation se fera «à la lumière» des cibles environnementales du Québec.

Problèmes pour l’eau

David Heurtel attend ainsi une série d’études pour «répondre à ces questions».

L’autre surprise du document est que le pétrole que l’on croyait trouver sur Anticosti est en fait du gaz naturel. Cela pose de nouveaux défis techniques. «Ça soulève d’autres questions», laisse tomber M. Hertel. Il pointe du doigt «l’impact de la fracture hydraulique en milieu insulaire», qui n’est pas connu, tout comme «l’impact d’une exploitation sur l’eau à Anticosti».

Avant de prendre une décision, le gouvernement Couillard attendra la fin des études «quelque part en 2016».