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Le fil d’arrivée approche...

Gabriel Cousineau des Carabins
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

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Samedi après-midi, le quart des Carabins, Gabriel Cousineau, amorcera le dernier match de saison régulière de sa carrière. Pas juste de sa carrière universitaire, mais de sa vie. Et il risque d’être émotif en début de match.

Bien sûr, il se pourrait que cette cinquième et dernière saison se poursuive encore quelques semaines, selon les performances des Carabins en éliminatoires, mais ce dernier match sera particulier.

«C’est sûr que ce sera un peu émotif, car ils vont présenter les finissants. Mais je m’y attends. Ce sera très difficile et super triste, mais après quelques instants, je serai concentré, dans ma game, et je n’entendrai rien. Il n’y a rien que je puisse faire d’autre que de profiter de chaque moment. Après 15 ans de football, c’est difficile de laisser ça aller», a dit le vétéran des Bleus.

Fermer les livres

Cousineau fermera donc bientôt les livres. Non seulement au football, mais aussi dans ses études.

Après avoir complété un baccalauréat en administration des affaires, il s’est inscrit à des cours de deuxième cycle en administration des systèmes d’éducation et de formation.

Son objectif à court terme? Devenir le responsable du programme de football de son ancienne école secondaire, le Collège Laval. D’ailleurs, il occupe déjà ce poste à temps partiel, préparant notamment les matchs à domicile et le transport. Et à long terme? Devenir entraîneur à l’Université de Montréal.

Voudrait-il ainsi déloger son actuel entraîneur-chef, Danny Maciocia?

«Il ne faut pas le dire trop fort, car il est à côté! Qui sait, je le serai peut-être dans une trentaine d’années! Mais je vais commencer par un niveau plus bas», a-t-il dit en riant.

Bien sûr, il a déjà aspiré à une carrière de footballeur professionnel, mais la lucidité a rapidement pris le dessus.

«Je suis un quart et je suis Canadien. Même si j’avais connu la saison de ma vie, je ne pense pas que j’aurais reçu un appel. C’est plate, mais c’est comme ça, la vie. Il y a toujours un petit espoir, mais je dirais que je suis déjà passé à autre chose. Je suis très, très réaliste, a-t-il admis.

«Être un réserviste dans la LCF ou faire partie d’une équipe d’entraînement durant deux ou trois ans, ça ne m’intéresserait pas. Tant qu’à être là, j’aime mieux me diriger vers ma carrière professionnelle et essayer de monter les rangs là où je sais que j’ai une chance», a-t-il affirmé.

Un mentor pour les jeunes

Cousineau a toujours aimé avoir le rôle de mentor ou d’enseignant. Il agit déjà à titre d’entraîneur pour une équipe juvénile et, bien avant cela, il a travaillé durant six ans comme animateur de camp de jour. Son poste de quart l’a également préparé à sa «vraie» carrière.

«Tu dois comprendre beaucoup d’aspects du jeu. Je pourrais presque diriger une défense, tellement je connais ça», a-t-il relevé.

Il estime aussi avoir eu les meilleurs mentors chez les Carabins.

«Les entraîneurs ici ont une approche plus humaine, différente de ce que j’ai vu ailleurs. D’ailleurs, il n’y a pas meilleur coach de vie qu’un coach de football. C’est le sport le plus complet, celui qui se joue le plus en équipe. Ça apprend aux jeunes les valeurs les plus importantes.»

Et quand Maciocia parle, Cousineau prend des notes!

«Je dis souvent que Danny parle en quotes. Je le niaise beaucoup avec ça, mais j’en prends en note et, un jour, ce sera moi qui les répéterai aux jeunes», a-t-il confié.

Le numéro 4 des Carabins voit même déjà beaucoup de potentiel chez les jeunes qu’il a pris sous son aile. S’il pouvait les mener vers de belles carrières, scolaires ou professionnelles, ce serait mission accomplie.

Il s’inspirera aussi de son frère Frédéric, de 15 ans son aîné, qui est entraîneur des receveurs chez les Stingers de l’Université Concordia.

Le temps passe vite

C’est un cliché, mais il est vrai que le temps file à vive allure. Cousineau le réalise alors qu’il voit le fil d’arrivée poindre à l’horizon.

«Je me souviens de ma première année; je regardais les joueurs de cinquième année en me disant: “Ah, j’ai du temps, c’est encore loin!” Mais même si on dirait que ça ne fait pas longtemps, c’est maintenant moi le cinquième année. C’est moi qui dis aux jeunes d’en profiter parce que ça passe vite. C’est incroyable. J’ai l’impression qu’hier, j’étais assis dans le bureau de Danny, qu’il me serrait la main pour me souhaiter la bienvenue et, bientôt, je la lui serrerai pour lui dire au revoir», a-t-il dit, déjà un peu nostalgique.

Entre-temps, il espère que son équipe et lui sauront étirer le tout jusqu’à la fin, en soulevant une deuxième coupe Vanier...