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Les Québécois devront travailler plus longtemps

Des changements en vue sur le marché du travail

Moins de croissance économique veut aussi dire moins de cotisations pour la Régie des rentes du Québec, qui a versé 3,1 milliards de dollars en prestations en 2015. Sur la photo, Pierre-Carl Michaud, professeur de sciences économiques à l’UQAM.
PHOTO Le Journal de Québec, DIDIER DEBUSSCHÈRE Moins de croissance économique veut aussi dire moins de cotisations pour la Régie des rentes du Québec, qui a versé 3,1 milliards de dollars en prestations en 2015. Sur la photo, Pierre-Carl Michaud, professeur de sciences économiques à l’UQAM.

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À défaut d’augmenter le taux d’emploi chez les 55 à 64 ans, la croissance économique du Québec risque considérablement de souffrir du vieillissement de la population au cours des 20 prochaines années.

De grands changements se dessinent sur le marché du travail, a prévenu Pierre-Carl Michaud, professeur de sciences économiques à l’UQAM qui prenait part jeudi au colloque sur les perspectives démographiques organisé par la Régie des rentes du Québec.

D’un point de vue démographique, il est trop tard pour renverser la vapeur: le déclin chez les 20 à 64 ans s’est amorcé et il faudra attendre 2050 avant de retrouver un niveau équivalent à 2015.

Pour atténuer ces effets, il faut augmenter le taux d’emploi chez les 55 à 64 ans, estime M. Michaud.

Au Québec, en 2011, le taux d’emploi dans cette catégorie d’âge se situait à 54,1 % comparativement à l’Islande qui était en tête de liste avec 79,5 %. L’augmentation de l’espérance de vie et l’évolution du travail des femmes ont contribué à augmenter le taux d’emploi au Québec qui n’était que de 30,7 % en 2005.

Des enjeux de société

La stagnation de l’emploi au Québec pourrait faire reculer la croissance économique de 0,5 % annuellement, estime l’économiste.

«C’est énorme! Pour les gouvernements, plus la croissance économique est forte, moins on a d’effort financier à demander aux ménages.»

Le Québec doit s’inspirer de la Norvège qui possède un système social similaire au nôtre et qui est dans le top 5 des pays affichant le taux d’emploi le plus élevé des pays membres de l’OCDE.

L’immigration ne peut pas à elle seule régler tous les problèmes.

«Je suis très sceptique si l’on croit qu’en recourant à l’immigration, nous pouvons régler nos problèmes démographiques et économiques à long terme. Je suis plutôt porté à dire que l’on surestime systématiquement les gains. Dire qu’on va régler les problèmes de vieillissement démographique du Québec par l’immigration, à mon avis, c’est de l’utopie!» a déclaré Marc Termote, professeur associé à l’Université de Montréal. Selon lui, les immigrants ne sont pas assez nombreux pour changer significativement la structure démographique par âge. En 2013, le Québec a accueilli 53 000 immigrants.

 

Taux d’emploi chez les 55 à 64 ans

  • 79,5 % : Islande
  • 73,7 % : Nouvelle-Zélande
  • 69,5 % : Suisse
  • 60 % : États-Unis
  • 59,9 % : Allemagne
  • 58,7 % : Canada
  • 54,4 % : OCDE
  • 54,1 % : Québec
  • 38,5 % : France
  • 37,9 % : Italie

 

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