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Un homme a failli mourir après avoir inhalé du chlore

Un homme a eu les poumons brûlés après avoir inhalé le produit par mégarde

chlore
Photo Le Journal de Montréal, Héloïse Archambault Gino Didone, 54 ans, a bien failli mourir, alors qu’il a fait un «traitement-choc» dans le but de fermer sa piscine pour l’hiver.

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Un banal traitement-choc de piscine a failli coûter la vie à un homme, qui a eu les poumons complètement brûlés par le chlore. L’efficacité du transfert de Joliette à Montréal lui a sauvé la vie, croient ses médecins.

«Je suis béni, confie Gino Didone. C’est sûr que je vais m’acheter un masque.»

La routine

Encore aujourd’hui, l’homme de 54 ans qui demeure à Saint-Charles-Borromée a du mal à s’expliquer ce qui s’est produit, le 23 septembre dernier. Celui-ci souhaitait faire un «traitement-choc» au chlore à sa piscine avant de la fermer pour l’hiver, une routine qu’il exécute depuis neuf ans.

«Le chlore se dissout mal dans l’eau froide, alors j’ai voulu mettre de l’eau chaude. J’étais près de l’évier dans la cuisine, ma femme a téléphoné, je me suis étouffé, et je ne me rappelle plus vraiment du reste.»

Sylvie Guillot raconte que son conjoint s’est mis à tousser pendant l’appel, et elle lui a dit de sortir. Quelques minutes plus tard, il lui a demandé d’appeler une ambulance. Transporté à l’hôpital de Joliette, l’homme était carrément entre la vie et la mort en raison d’une intoxication à la vapeur de chlore.

«Les médecins me disaient d’appeler les proches, que la nuit serait longue», confie Mme Guillot.

Transfert au bon moment

Le lendemain, l’hôpital de Joliette a demandé l’aide de l’hôpital du Sacré-Cœur.

«Ce monsieur-là mourait. C’est clair que l’efficacité de tous dans le transfert lui a sauvé la vie», croit le Dr Colin Verdant, intensiviste à Sacré-Cœur.

En fait, deux médecins de l’hôpital montréalais sont allés chercher le patient à Joliette et l’ont rapatrié en ambulance.

Il s’agissait d’une première, selon le Dr Patrick Bellemare, pneumologue et chef du service de soins intensifs à Sacré-Cœur.

«La délégation s’est improvisée en 30 minutes. Mais c’est l’exemple qui montre qu’on peut rapatrier des patients instables», croit le Dr Bellemare.

À Montréal, M. Didone a été branché sur le poumon artificiel durant sept jours, pour permettre à ses poumons de récupérer.

«C’est comme s’il avait respiré de l’acide, ça a brûlé ses bronches et ses alvéoles, dit le Dr Verdant. Le poumon artificiel permet de reposer les vrais organes.»

Après deux semaines d’hospitalisation, l’homme qui avait perdu 18 livres a pu rentrer à la maison, le 8 octobre. Depuis, M. Didone se porte très bien et ne devrait pas garder de séquelles aux poumons.

Une « bonne étoile »

«Tout le monde a son histoire de chlore. J’ai été malchanceux et négligent, dit-il. Une chose est sûre, je ne peux rien dire contre le système de santé.»

«Ça montre comment le système est capable de bien performer, ajoute le Dr Verdant. On a sauvé la vie d’un gars qui va vivre encore 30 ans. C’est génial.»

 

Des intoxications fréquentes

<b>Dr Patrick Bellemare</b><br />
Pneumologue à Sacré-Cœur
Capture d'écran
Dr Patrick Bellemare
Pneumologue à Sacré-Cœur

Les intoxications au chlore de piscine ne sont pas rares, et ce produit ne doit pas être pris à la légère, rappellent des spécialistes.

«C’est certain que M. Didone a vécu l’extrême réaction de ce que ça peut être, mais il n’est pas le premier cas qu’on voit. [...] C’est clair que les intoxications au chlore de piscine sont fréquentes», indique le Dr Patrick Bellemare, pneumologue intensiviste et chef du service des soins intensifs à l’hôpital du Sacré-Cœur.

Au grand air

S’il est connu que la manipulation de produits ménagers chimiques (chlore ou autres) doit se faire à l’extérieur de la maison, au grand air, beaucoup de gens se font prendre chaque année et ont des réactions.

«Les accidents arrivent toujours dans des espaces fermés. La maison, le garage ou le cabanon, c’est une mauvaise idée», indique le Dr Bellemare.

Selon ce spécialiste, la réaction des gens qui inhalent les émanations de produits toxiques par erreur se manifeste habituellement par de la toux, de l’irritation ou une sensation de brûlure.

À l’entreprise Aqua pro Entretien de piscine, on souligne l’importance d’être prudents lorsqu’on manipule le chlore.

Faire attention

«C’est comme les produits ménagers toxiques. Il faut s’informer. Souvent, les magasins de piscine donnent une liste d’instructions, mais les gens ne font pas toujours attention. Il suffit d’un moment d’inattention», souligne l’employé Émile Doré-Parent.

Ce dernier souligne qu’il ne faut jamais laisser le chlore à l’extérieur.

«Le chlore va bien dans l’eau, mais l’eau ne va pas dans le chlore. Quand il y a plus de chlore que d’eau, ça va chercher les émanations toxiques. C’est explosif.»

 

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