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La vie d'une survivante sur scène

La vie d'une survivante sur scène
photo courtoisie

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À l’heure où il est abondamment question du sort des réfugiés dans l’actualité, la pièce Guérillas tombe à point. Le spectacle à caractère biographique relate la vie d’Anna Fuerstenberg, née dans un camp de réfugiés tandis que sa mère fuyait les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Voici le destin de deux survivantes, qui ont ensuite immigré à Montréal alors que la fillette n’avait que cinq ans.

La comédienne Élisabeth Chouvalidzé, que l’on aura plaisir à retrouver sur scène, est bien placée pour porter cette histoire, elle-même étant fille de réfugiés – ses parents ont fui la Russie en 1920, à l’époque du régime bolchevique, à bord d’un bateau de fortune. «Tous les réfugiés se ressemblent», estime la comédienne. «Ils partent dans l’espoir d’un monde meilleur, n’ayant plus rien à perdre.» D’emblée, l’actrice a été touchée par cette histoire. «C’est un texte magnifique et un rôle extraordinaire», ajoute-t-elle. «Je n’ai pas hésité à prendre part au projet qui se réalise avec peu de moyens et sans subvention.»

Dans Guérillas, on découvrira Anna­­ (interprétée par Odette Guimond­­) qui raconte l’histoire de sa mère au lourd passé, interprétée par Élisabeth Chouvalidzé. «Cette femme est une survivante», clame l’interprète. «C’est aussi une grande résiliente.»

En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, la mère d’Anna, d’origine juive polonaise, a dû fuir la Pologne pour rejoindre son mari. «Ils ont vécu en tant que réfugiés un peu partout, notamment en Sibérie et dans l’Himalaya», relate Élisabeth Chouvalidzé. La famille survivra aux divers camps de ­réfugiés pour finalement ­immigrer à Montréal. Anna est alors âgée de cinq ans.

Aidante naturelle

Outre l’aspect historique de la pièce, une histoire humaine se vivra sur scène, où la relation mère-fille n’est pas au beau fixe. «C’est une mère­­ très demandante», souligne l’actrice. «La santé de la mère étant fragile, la fille deviendra son aidante naturelle.» Si la fille doit désormais s’occuper de la mère devenue ­invalide après cinq opérations, on verra que rien ne sera facile. «La ­mère reprochera à sa fille de ne pas avoir assez souffert», révèle ­Élisabeth Chouvalidzé. L’amertume fera partie de la réalité de la mère, souffrant physiquement et émotivement, ayant perdu son mari ainsi que ses frères et sœurs. «Elle ne comprend pas pourquoi elle est en vie tandis que tous ses proches sont morts», confie l’interprète. «Elle souffre du complexe de la ­survivante.»

Une amoureuse de théâtre

À travers l’histoire de sa mère, Anna­­ Fuerstenberg cherchera à créer la sienne. Amoureuse de théâtre, elle tentera de faire son chemin. «Elle réussira à fonder une troupe de théâtre et à enseigner le théâtre», annonce la ­comédienne. «De plus, elle voyagera beaucoup.»

Même si cette pièce évoque l’Holocauste, on nous assure qu’il y aura des moments amusants.

Le spectacle sera notamment ponctué de musique­­ et de chants.

GUÉRILLAS

Auteure et metteuse en scène: Anna Fuerstenberg

Distribution: Mariève Bibeau, Élisabeth Chouvalidzé, Odette Guimond

Du 6 au 22 novembre

Au Studio Jean-Valcourt