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Appâtés par leur rêve d’emmener leurs enfants à Walt Disney

Un couple de Mascouche dit avoir été piégé par un concours sur Facebook

Véronique April et Nathalie Lanoville espéraient seulement pouvoir emmener en voyage leurs enfants, Raffaelle 3 ans, Ariane 12 ans et Marc-André, 14 ans.
Photo Le Journal de Montréal, Marie-Ève Dumont Véronique April et Nathalie Lanoville espéraient seulement pouvoir emmener en voyage leurs enfants, Raffaelle 3 ans, Ariane 12 ans et Marc-André, 14 ans.

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Après avoir longtemps attiré leurs clients en offrant des tirages dans les festivals et les salons de tourisme, des vendeurs de forfaits de vacances à temps partagé ont modernisé leurs techniques en sévissant maintenant sur les réseaux sociaux.

Mais recruter des clients sur Facebook ne semble pas avoir entraîné une modification des pratiques qui ont valu un déluge de plaintes et de poursuites à Jean-Sébastien Monette et à ses associés, comme le révélait Le Journal samedi.

«On doit plus de 3300 $ et on ne sera peut-être pas en mesure de récupérer notre 500 $ de dépôt. Tout ça, à cause d’un simple concours pour aller à Walt Disney», raconte Nathalie Lanoville.

La mère de trois enfants dit s’être fait prendre au jeu alors qu’elle croyait simplement pouvoir gagner une semaine d’hébergement dans une villa de luxe à Animal Kingdom lorsqu’elle a rempli un formulaire sur la page Facebook de la firme Escale 360.

Cette entreprise a été enregistrée il y a quelques mois seulement par Serge Boudreault, un partenaire de longue date de Monette.

«Ils m’ont dit qu’étant donné que je m’étais inscrite au concours, on m’offrait une fin de semaine à mon choix, au Mont-Orford ou au Mont-Sainte-Anne», relate Mme Lanoville.

Elle et sa conjointe Véronique April se sont donc présentées au bureau de l’entreprise à Longueuil, le 27 septembre dernier, pour réclamer leur prix.

Luxe tentant

Le couple de Mascouche dit y avoir été accueilli par la fille de la conjointe de Jean-Sébastien Monette, qui leur a montré des images d’hôtels de luxe et de croisières à Walt Disney.

On leur offrait 30 000 points échangeables pour de l’hébergement dans divers hôtels du monde pour 3800 $ en plus de 459 $ de frais annuel pour trois ans, relatent les deux dames.

«Il a presque fallu qu’on se batte pour aller en discuter ensemble dehors», soutient Véronique April.

À leur retour, c’est Jean-Sébastien Monette, qui se fait parfois aussi appeler Jean-Sébastien Lefebvre, qui a repris leur dossier.

«Il était tellement insistant. Il nous disait que l’offre était valide seulement aujourd’hui et que nos enfants seraient contents; il avait toujours le bon mot», se souvient Mme April.

Frais d’annulation

Dès le lendemain, Mme Lanoville a rappelé M. Monette pour tenter d’annuler le contrat, réalisant que cet achat ne cadrait pas dans leur budget.

Après avoir refusé de mettre fin à l’entente, ce dernier lui a proposé de signer un document d’annulation en échange de frais de 420 $, ce qu’elle a refusé.

Le couple n’a toujours pas réussi à se faire rembourser son dépôt de 500 $ et pense à se tourner vers les tribunaux, comme tant d’autres consommateurs déçus.

 

Une mise en demeure pour une blogueuse

Ne critique pas qui veut les pratiques commerciales de Jean-Sébastien Monette, la blogueuse Annie Picard l’a appris à ses dépens.

«Je n’ai fait que décrire mon expérience. C’est incroyable que l’on puisse mettre autant de pression sur les gens, c’était violent psychologiquement», soutient la jeune femme.

Mme Picard a été contactée en septembre dernier par une représentante d’Escale 360 parce qu’elle avait remporté un séjour au Mont-Orford ou au Mont-Sainte-Anne après avoir rempli un coupon dans un festival.

«J’ai demandé à la dame si c’était du time-sharing, elle m’a répondu que non. Je lui ai dit que je ne paierais rien en échange d’un prix et elle m’a assuré que je n’aurais rien à débourser», raconte-t-elle.

« Dangereuse »

Mais une fois rendue au bureau d’Escale 360 avec son conjoint, les choses se sont déroulées bien différemment.

«Il y avait 50 autres personnes qui avaient aussi “gagné”. J’ai trouvé ça un peu louche, mais on m’a assuré une nouvelle fois qu’on ne me vendrait rien», soutient Mme Picard.

Le représentant lui a toutefois offert un forfait de 39 ans au coût de 24 000 $ en points échangeables pour de l’hébergement.

«J’ai refusé en disant que je ne voyageais pas en hôtel 5 étoiles. Après 45 minutes, il me criait que j’étais dangereuse de vouloir voyager en louant des appartements avec de futurs enfants», relate-t-elle.

Dommages réclamés

La blogueuse a quitté la rencon­tre sans rien signer, puis elle a décrit les événements sur son blogue. Jean-Sébastien Monette l’a contactée par Facebook quelques jours plus tard pour lui dire qu’elle recevrait une mise en demeure si elle ne retirait pas son texte.

Mme Picard a finalement retiré toute référence à Escale 360 sur son blogue. Mais la jeune femme a finalement reçu, le 9 octobre dernier, une nouvelle lettre d’avocat lui réclamant plus de 10 000 $ en dommages.

«Je n’ai plus rien écrit sur Escale 360, je ne comprends pas ce qu’ils veulent», estime celle qui entend contester la réclamation en cour.

 

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