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Les lettres de Magnotta suscitent l’indignation

Magnotta
Photo Courtoisie Toronto Sun

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Les lettres de Luka Rocco Magnotta, qui prétend mener une vie paradisiaque en prison après le meurtre sordide d’un étudiant chinois, scandalisent les représentants des victimes.

«Je suis outrée», lâche Nancy Roy, directrice générale de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

Dans des lettres publiées lundi par le Toronto Sun, National Post et The Gazette, celui qui a démembré Jun Lin à Montréal en 2012 se réjouit de pouvoir profiter de smoothies, séances extérieures de bronzage, soirées pizza, musique, films, entraînement et même des soins du visage.

Les lettres ont été envoyées depuis son ancienne prison, le pénitencier Archambault à Sainte-Anne-des-Plaines.

Victimes moins bien loties

De tels privilèges choquent la directrice de l’AFPAD.

«Les familles des victimes, elles, n’ont pas droit à tous ces services», souligne Nancy Roy.

Même son de cloche chez Michel Surprenant, co-fondateur de l’AFPAD.

«Pour plusieurs, la prison, c’est un bon endroit où passer l’hiver au chaud. Vous allez vous entraîner, vous faire une belle dentition. Alors que des jeunes familles se privent pour ça», dénonce-t-il.

Club Med

Mais ces lettres ne surprennent pas le sénateur indépendant et co-fondateur de l’AFPAD Pierre-Hugues Boisvenu.

«Les pénitenciers sont mieux organisés que la plupart de nos polyvalentes et de nos établissements scolaires», souligne-t-il.

Pour lui, le problème est que tous ces agréments ne devraient pas être offerts automatiquement, mais plutôt être obtenus par les détenus qui ont un bon comportement.

«Tout semble indiquer qu’une prison est un club Med, s’indigne-t-il. Cela ne ressemble pas à une punition, alors l’emprisonnement sert surtout à réfléchir aux crimes commis», ajoute-t-il.

«Le but, c'est qu'il n'ait pas le goût de revenir».

Peu crédible

Toutefois, ce qui indigne le plus la présidente de l’Association québécoise plaidoyer-victime Arlène Gaudreault, c’est que ces lettres aient été publiées dans les médias.

«Est-ce que ça vaut la peine de publier ces informations-là? Pour les victimes, c’est décourageant», se désole-t-elle.

Mme Gaudreault juge le contenu des lettres de Magnotta peu crédibles, et que les médias qui ont publié les extraits auraient dû vérifier si tout ceci n’était pas un mensonge.

«Ça ressemble à quelqu’un qui veut sa notoriété et veut faire du bruit pour faire parler de lui», estime-t-elle. «Il veut de la notoriété et on la lui donne», blâme-t-elle.

Il faut dire qu'un employé du pénitencier de Port-Cartier a confié au Journal que le meurtrier est loin de se la couler douce, comme il le prétendait dans son ancienne prison Archambault.

Cependant, sans commenter le cas précis de Magnotta, le Service correctionnel du Canada (SCC) confirme tout de même dans un courriel au Journal que les détenus peuvent faire «du sport, du théâtre, des beaux-arts et des travaux manuels récréatifs», afin de les aider à «adopter un mode de vie sain et positif».