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Radio de Québec: liberté galvaudée

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En prenant connaissance des grandes lignes du rapport de Dominique Payette, qui voit un «régime de peur» à Québec, je ne peux pas m’empêcher de penser au royaume ermite dont je reviens de voyage: la Corée du Nord. Il n’y a pas de «radio poubelle», là-bas! La «vertu» est au pouvoir...

En prenant connaissance des grandes lignes du rapport de Dominique Payette, qui voit un «régime de peur» à Québec, je ne peux pas m’empêcher de penser au royaume ermite dont je reviens de voyage: la Corée du Nord. Il n’y a pas de «radio poubelle», là-bas! La «vertu» est au pouvoir...

J’espère avoir bientôt l’occasion de publier un récit de mon récent voyage en Corée du Nord dans les pages de ce journal. Mais aujourd’hui, je veux faire un lien entre ce pays irréel et le «régime de peur» dont parle Dominique Payette.

En Corée du Nord, Mme Payette découvrirait rapidement que la rectitude politique est absolue, et que rien n’est plus étouffant.

« Avec la radio de Québec, je suggère de combattre le feu par le feu. »

Et si ce n’était pas le déballage des ordures, mais leur refoulement, qui était le plus dangereux, Mme Payette?

Dans un vrai régime de peur, il n’y a pas de grandes gueules à la radio...

C’est vrai qu’il y a beaucoup de «vidanges» sur les ondes de radio de Québec.

Ce qu’il faudrait, c’est un équilibre. Il faudrait d’autres voix radiophoniques fortes, de nouveaux animateurs de caractère pour tenir tête aux rapetisseurs.

Pourquoi n’encouragez-vous pas les gens à prendre le micro?

J’ai l’impression que vous êtes plus encline à vouloir faire taire vos adversaires politiques qu’à encourager la venue d’autres voix.

Avec la radio de Québec, je suggère de combattre le feu par le feu.

Pyongyang la parfaite

À Pyongyang, la fort belle capitale de la Corée du Nord, il n’y a pas de délateurs grassement payés par la police, puisque la délation est une obligation.

Pas de modes, parce que tout le monde doit s’habiller de la même façon.

Pas d’exercices de simulation d’opération antiterroriste, puisque tout le monde est déjà terrorisé.

Pas de femmes brutalisées par la police, puisque tout le monde est la police.

Pas de petits politiciens véreux qui se servent de la charte des droits, puisqu’il n’y a pas de droits.

Pas de cagoules pour voler une banque, puisqu’il n’y a pas de banques.

Pas de chats ou de chiens, puisqu’on les mange.

Pas de «pro-choix», puisque vous n’avez pas le choix.

Pas de graffitis ni de papiers par terre.

Pas d’horaires scolaires remplis de congés. Pas de chômeurs, puisque tout le monde est obligé de travailler.

Pas de ministre qui pleure pour un quelconque problème lointain, mais à l’occasion on voit un chef médaillé disgracié exécuté publiquement par un tir de canon antiaérien... À chacun sa culture.

Allez-y donc

La Corée du Nord s’ouvre au tourisme et espère attirer des visiteurs canadiens. Bien sûr, le voyageur y est encadré strictement. Mais ça vaut la peine. Ça fait réfléchir. Un pays totalitaire, ce n’est pas effrayant parce que des gens vocifèrent des insignifiances à la radio, Mme Payette, mais parce que tout est trop parfait, trop propre. Puisque vous avez touché 25 000 $ pour votre rapport, pourquoi ne pas vous payer ce voyage instructif?

J’aurais aimé que vous insistiez sur les bienfaits de la liberté d’opinion pour lutter contre ses méfaits. Le meilleur moyen de lutter contre un mauvais animateur de radio inculte et joualisant, c’est de mettre un bon animateur drôle et renseigné sur la chaîne concurrente.

 

 

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