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Intense et captivant

Maxim Gaudette excelle dans l’adaptation théâtrale de 1984 dans le rôle de Winston Smith.
Photo Daniel Mallard Maxim Gaudette excelle dans l’adaptation théâtrale de 1984 dans le rôle de Winston Smith.

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Il fallait beaucoup d’audace pour faire vivre sur les planches l’œuvre culte 1984, de George Orwell. La metteuse en scène Édith Patenaude a réussi ce pari un peu fou avec brio et ingéniosité.

Présentée jusqu’au 28 novembre au Grand-Théâtre de Québec, cette coproduction du Trident, avec le Théâtre Denise-Pelletier, est solide, intense, captivante et en synchronicité parfaite avec le monde d’aujourd’hui.

Un monde où le contrôle de la pensée, la perte de libertés individuelles et l’invasion de la vie privée sont loin d’être utopiques.

1984, c’est la quête de Winston Smith (Maxim Gaudette), un employé du ministère de la Vérité, dont le travail consiste à réécrire le passé afin qu’il corresponde à la vision totalitaire du Parti extérieur.

Un homme qui se joint à une fraternité clandestine, dirigée par O’Brien (Alexis Martin), qui a pour objectif la destruction du Parti et qui réalisera par la suite qu’il s’est fait piéger.

Cinématographique

Édith Patenaude mélange habilement théâtre et cinéma. Une caméra suit les comédiens et propose des plans rapprochés qui définissent et accentuent certaines émotions. Comme cette superbe image de la main de Winston Smith qui touche celle de sa copine Julia, l’excellente Claudiane Ruelland.

1984 explose dans sa forme avec de superbes ambiances, des moments de noirceurs, des effets lumineux de néons et accompagnée par une trame sonore ambiante constante et appropriée. La forme est très cinématographique.

La pièce se termine avec une superbe image où l’on voit, sur l’écran, le sourire inquiétant de Winston Smith, avec, derrière lui, une partie du public.

L’intensité est présente tout au long de l’heure trois quarts que dure la pièce. Il y a de la matière, le texte est dense et les comédiens Maxim Gaudette, Alexis Martin et Claudiane Ruelland, qui sont les plus sollicités, excellent et donnent de grandes performances.

Tout le monde est au service de cette société d’oppression où chaque geste peut être mortel. Et en quittant la salle, en s’extirpant de ce monde sombre, on a envie de mettre la main sur le livre d’Orwell et de se replonger dans cet univers.