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Du théâtre sans fausse note

Présentée au TNM, la pièce La divine illusion est une réussite sur toute la ligne

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La création de l’auteur Michel Marc Bouchard, La divine illusion, présentée jeudi soir dernier au TNM en grande première francophone est une réussite sur toute la ligne. Et lorsque le metteur en scène, Serge Denoncourt choisit de mettre en scène un texte aussi fort, ça ne peut être que percutant.

Au duo Bouchard-Denoncourt s’ajoute le talent de la grande et magnifique Anne-Marie Cadieux interprétant Sarah Bernhardt, si bien qu’au final, c’est un théâtre sans fausse note qui nous est livré.

C’est un texte remarquable, à la fois déconcertant et amusant, mais qui surtout amène une grande réflexion sur certains aspects troublants de notre société.

La pièce entrecroise de nombreux thèmes, le plus magnifique étant celui de l’amour pour le théâtre. Mais au-delà de cette passion et de la beauté qui l’entoure, se trouvent aussi la pauvreté et la misère de ceux qui sont obligés de faire n’importe quoi pour s’en sortir.

Personnages forts

Déjà, ce sont deux thèmes très forts, mais lorsque s’y greffe l’aspect sombre et pervers de l’Église ainsi que les abus sexuels, et l’exploitation d’enfants, il en résulte une pièce exceptionnelle. En somme, on pourrait qualifier cette pièce de dramatique, mais l’auteur y a ajouté de belles pointes d’humour réussissant à transmettre aux spectateurs une belle gamme d’émotions.

D’emblée, c’est la comédienne Anne-Marie Cadieux qui joue son rôle de façon sublime qui parvient, par son extravagance, à nous amuser. Personnifiant la célèbre comédienne française Sarah Bernhardt, qui a fait scandale auprès de l’Église catholique par sa visite controversée à Québec en 1905, fait authentique de cette création, elle est aussi le catalyseur de cette fiction.

Révélation de l’année

Outre la performance des plus théâtrales d’Anne-Marie Cadieux vêtue de costumes excentriques, il faut absolument souligner le talent aussi exceptionnel qu’inattendu de Simon Beaulé-Bulman, interprétant Michaud, un jeune séminariste que l’on pourrait qualifier de révélation de l’année sur les planches. Issu d’une famille fortunée, Michaud est un amoureux fou de théâtre. En plus d’avoir pour idole, Sarah Bernhardt, qu’on nomme la divine, il souhaite écrire pour le théâtre. Son sujet, un autre séminariste, Talbot, (Mikhaïl Ahooja) celui-ci provenant d’une famille démunie. Dès le début de la pièce, Simon Beaulé-Bulman, nous démontrera son savoir-faire à travers un monologue des plus surprenants. Autre belle performance, celle d’Éric Bruneau dans le rôle du Frère Casgrain, qui sort de son registre habituel.

Si la pièce mérite d’être applaudie, c’est aussi parce qu’elle nous transporte de surprise en surprise en commençant par la rencontre entre Michaud et la diva. Si certaines sont amusantes, d’autres seront des plus déroutantes.

La scénographie est aussi bien conçue. Le même lieu se transforme sous nos yeux du séminaire, à la loge de l’actrice française, en passant par une usine de chaussures, où l’on exploite les plus démunis.

Placé en retrait de la scène, le pianiste Laurier Rajotte apporte une belle ambiance à ce grand spectacle.

Une pièce cinq étoiles à voir absolument.


♦ La divine illusion est à l’affiche au TNM jusqu’au 5 décembre, supplémentaires jusqu’au 10 décembre.