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Des dizaines de signalements à la ligne de radicalisation

En deux jours, 45 signalements ont été enregistrés

Deux policiers arpentent les rues de Strasbourg, dans l’est de la France, dans le cadre de leur enquête sur les attentats de Paris. La France est un pays «plus visible» aux yeux des djihadistes, dit un spécialiste.
photo afp Deux policiers arpentent les rues de Strasbourg, dans l’est de la France, dans le cadre de leur enquête sur les attentats de Paris. La France est un pays «plus visible» aux yeux des djihadistes, dit un spécialiste.

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Les attentats à Paris et à Beyrouth ont ravivé la vigilance des Montréalais face à la menace terroris­­te. Depuis 48 heures, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence a reçu 45 signalements, dont une dizaine de cas sont pris au sérieux.

Ce chiffre détonne avec l’affluence d’appels au quotidien. En huit mois, 368 appels ont été reçus, tandis qu’en seulement deux jours 45 signalements se sont ajoutés, soit 10 % de tous les appels.

«Il y a un tabou autour de la radicalisation, mais les gens sont de plus en plus sensibles et ne vont pas hésiter à nous appeler», croit Herman Deparice-Okomba, directeur de la structure mise sur pied en mars dernier.

Selon cet expert qui a travaillé pendant 10 ans au Service de police de Montréal en matière de radicalisation et en tant que responsable du profilage racial, le risque de terrorisme zéro n’existe pas.

Ses observations indiquent que seulement 15 % des individus qui se radicalisent le font pour des idéologies religieuses.

Dans les autres cas, 30 % seraient des extrémistes de gauche ou de droite, tandis que 55 % se classent dans la catégorie «autre», ayant des idéologies environnementales, par exemple.

Pas de profil type

Herman Deparice-Okomba estime qu’il n’existe pas de profil type du terroriste.

L’entourage doit plutôt être aux aguets des comportements signalant qu’un individu est manipulé et qu’il se radicalise.

Depuis huit mois, six cas ont été transmis à la GRC en raison d’un risque pour la sécurité nationale. Cinq d’entre eux étaient en lien avec des idéologies religieuses.

Parmi les 10 nouveaux cas «qui nécessitent une analyse plus profonde», certains pourraient aussi être transférés à la GRC.

«La police présente ses limites. L’approche de sécurité ne suffit plus, il en faut une concertée en prévention», considère M. Okomba.

Réelle menace

Phil Gurski, ex-agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), maintient lui aussi que la menace est réelle.

«Il y a des centaines de personnes radicalisées qui sont suivies par le SCRS», soutient-il. Il se montre favorable à l’initiative informative du Centre de prévention de la radicalisation.

Claude Sarrazin, spécialisé en analyse de risque, considère aussi que le Québec est vulnérable aux loups solitaires.

«L’endoctrinement se fait à travers le web et les jeunes se radicalisent d’eux-mêmes. Immanquablement, des attentats comme nous en avons connu à Ottawa, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Toronto, ça risque de s’accélérer.»

 

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