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Des travailleurs humanitaires déplorent la stigmatisation des réfugiens syriens dans les camps

Des travailleurs humanitaires décrivent la vie des réfugiés

Les travailleurs humanitaires déplorent que les réfugiés syriens soient associés aux terroristes de l’État islamique. Sur la photo, une employée de MSF soigne une réfugiée au Liban.
Photo courtoisie, Médecins sans frontières Les travailleurs humanitaires déplorent que les réfugiés syriens soient associés aux terroristes de l’État islamique. Sur la photo, une employée de MSF soigne une réfugiée au Liban.

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Les réfugiés syriens ne sont pas des terroristes et sont stigmatisés à tort, déplorent des travailleurs humanitaires qui œuvrent dans des camps au Liban.

«Ce sont des femmes et des enfants qui sont ici, les terroristes ne sont pas dans les camps», souligne Paul Yon, le chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) au Liban.

Pas des groupes armés

«Ce sont des gens vulnérables qui ont tout perdu et qui ont besoin de soutien humanitaire. On ne parle pas de groupes armés, ajoute Jean-Baptiste Lacombe, chargé de programme humanitaire pour Oxfam-Québec qui a travaillé dans des camps de réfugiés syriens au Liban et en Irak. Il ne faut pas faire d’amalgame et penser que tout le monde est un terroriste.»

Depuis les attentats revendiqués par l’État islamique qui ont secoué Paris, vendredi dernier, plusieurs citoyens s’interrogent sur la sécurité entourant l’arrivée de réfugiés syriens au Canada. Or, dans les camps, les travailleurs humanitaires n’y voient aucun lien.

«Ils sont désolés de ce qui est arrivé à Paris», souligne M. Yon, joint par Le Journal.

«Ils ont accès à internet, et la levée de boucliers est très dure pour eux, dit-il. Les gens ici n’aspirent qu’à une vie meilleure, et on leur ferme les portes. C’est très dur.»

Au Liban, environ 1,1 million de réfugiés syriens vivent dans les camps depuis des mois, voire des années.

Selon MSF, cette communauté avait un niveau de vie confortable avant d’être déplacée, et était relativement en bonne santé.

Le problème, c’est le manque de suivi médical depuis qu’ils ont fui la guerre.

«Le fait d’avoir tout perdu a fait en sorte que leurs conditions de vie se sont dégradées, dit M. Yon. Plusieurs sont en rupture de traitement pour le diabète ou le cancer parce qu’ils n’ont plus les moyens d’acheter les médicaments qui coûtent très cher.»

Du côté psychologique, la guerre laisse aussi des séquelles.

«On travaille beaucoup sur la santé mentale. Il y a un sentiment de pessimisme, mais aussi de réalisme», confie M. Yon.

Malgré tout, M. Lacombe dit avoir observé un certain espoir pour l’avenir.

«Beaucoup ont l’intention de retourner vivre chez eux. Ils sont très fiers de leur pays.»

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