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Courrier des lecteurs du 22 novembre 2015

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Lettre 01

Un écart de 5,4 milliards $

Comme c’est devenu la coutume lorsqu’un nouveau gouvernement prend le pouvoir, les surplus annoncés par le gouvernement précédent en campagne électorale se métamorphosent subitement en déficit lorsque le nouveau ministre des Finances ouvre les livres. Cette fois-ci, Bill Morneau, lors de la présentation de sa mise à jour économique, annonce un déficit de 3 milliards $ pour l’année en cours, alors que l’ex-ministre des Finances conservateur, Joe Oliver, était tout sourire en annonçant un surplus de 2,4 milliards $ à la dissolution de la Chambre... Un écart réel de 5,4 milliards $. Or, malgré cette «désagréable surprise», les libéraux maintiennent le cap sur leur promesse électorale, à savoir d’engendrer des déficits pour susciter la relance économique et aboutir à un budget équilibré en 2019. De quoi se demander si le bas de laine des libéraux ne contient pas des trésors cachés ou si M. Morneau ne dispose pas d’une baguette magique qui fait apparaître miraculeusement des milliards de dollars! En attendant le premier budget du ministre qui devrait être présenté au début de 2016, il faut s’attendre à ce que l’opposition bombarde le gouvernement sur les façons qu’il envisage pour atteindre ses promesses... et ce, même si les conservateurs ont floué l’électorat sur leurs soi-disant surplus. Ah, la politique, quel monde pour le moins étrange!

Henri Marineau, Québec


Lettre 02

Un ministère de l’environnement, « quossa donne » ?

Récemment, nous apprenions que «le gouvernement Couillard venait d’autoriser TransCanada à réaliser des relevés sismiques en plein cœur du fleuve Saint-Laurent. La pétrolière a aussi obtenu le droit de mener des relevés...» Après le fiasco d’avoir autorisé des relevés controversés dans la pouponnière des bélugas à Cacouna, voilà que notre cher ministère de l’Environnement vient de donner un autre feu vert à TransCanada pour planifier une traversée du fleuve «... à haut risque...» dans la région de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Dans un célèbre monologue, Yvon Deschamps demandait: «Les unions, quossa donne?» Avec cette dernière d’une longue

série de non-actions, on peut sérieusement s’interroger: «Un ministère de l’Environnement, quossa donne?» Des levés sismiques à Cacouna en 2014, c’est OK. Huit milliards de

litres d’eaux usées dans le fleuve, pas de problème! On refuse d’étudier les dangers des convois ferroviaires de pétrole brut! Et j’en passe! Toutes ces «autorisations» sont émises par un ministère qui a une épine dorsale en jello; il abdique carrément son mandat, qui est de protéger l’environnement et, par ricochet, la santé et la sécurité de Québécois!

De plus, la troisième mouture du Règlement pour la protection de l’eau potable (RPEP) du soi-disant ministère de l’Environnement est un échec total. Pour un forage pétrolier ou gazier, ce RPEP exige des distances séparatrices de seulement 500 mètres d’une source d’eau potable et de seulement 400 mètres sous une nappe phréatique; c’est exactement ce qu’il faut pour permettre et encourager l’exploitation des énergies fossiles de la Gaspésie et d’Anticosti. Pour contrer ce manquement flagrant à son mandat de sauvegarder la qualité de l’eau nécessaire à la santé des citoyens, quelque 300 municipalités, représentant plus d’un million de citoyens, ont exigé le droit de se doter d’un règlement municipal «amélioré» qui imposerait une distance séparatrice adéquate pour protéger efficacement les sources d’eau.

Curieux! Le 12 septembre dernier, devant cette fronde du monde municipal qui requiert du sérieux de ce ministère, les représentants du MDDELCC ont refusé de débattre avec les experts indépendants qui travaillent bénévolement pour les municipalités, et ce, en présence des élus qui réclament un RPEP efficace, c’est-à-dire protégeant réellement les sources d’eau potable. Est-ce qu’ils refusent, également, de rencontrer les 28 lobbyistes de TransCanada qui sont «... inscrits au registre québécois...»?

Tant qu’à être dans le burlesque, pourquoi ne pas abolir le MDDELCC et mettre M. Dan Gagnier, cet ex-coprésident de la récente campagne électorale du PLC, à la tête du MDPAQ (ministère du Développement pétrolier accéléré du Québec)? On fout à la porte tout le personnel du ministère dirigé par M. Heurtel, et les 28 lobbyistes de TransCanada délivrent eux-mêmes tous les permis requis par la compagnie mère. Ce serait plus conforme à la

réalité que d’avoir un pseudo-ministère qui fait semblant de lutter contre les changements climatiques.

Gérard Montpetit, membre du CCCPEM (comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain)


Lettre 03

Encore quatre ans !

Les Canadiens ont voté pour Trudeau «par défaut». L’incapacité de ce dernier va-t-elle donner sa chance à Mulcair? En tout cas, il aide à la reconstruction du Parti conservateur. Comme il y aura course à la chefferie dans ce parti et que Jean Charest sera probablement sur les rangs, il faut supporter jusqu’en 2020 le règne d’un chef immature, à la culture politique à peu près inexistante, déconnec­té des besoins de la population réelle, peut-être embrumé à l’occasion par les vapeurs de cannabis, bref dépassé par l’ampleur de la «job». Les ministres compétents qu’il a réunis autour de lui peuvent bien lui donner la respiration artificielle, mais ce ne sera pas suffisant: une âme dirigeante doit inspirer un gouvernement. Trudeau dit vouloir combattre l’état islamique et en même temps recevoir le double de notre capacité d’accueil des réfugiés: souhaitons qu’il ne mette pas le Canada dans la dèche! Le premier ministre du Canada est peut-être un bon boxeur, mais pour ce qui est de la politique, c’est un lamentable poids plume. Le New York Times s’est fendu d’un éditorial dithyrambique à son égard. Il doit bien s’en ronger les doigts maintenant, surtout de l’avoir comparé à Kennedy: derrière l’image de celui-ci il y avait de la substance, ici, un vide abyssal.

Jean-Pierre LeBlanc, Rimouski


Lettre 04

Recherche et innovation : pas un choix, mais une obligation
 
Les membres du conseil d’administration de l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec (ADRIQ) sont préoccupés par l’état de la recherche et de l’innovation au Québec et au Canada. Depuis une décennie, le Québec et le Canada ont pris un retard important en matière de recherche et d’innovation, toutes les études et analyses le démontrent. 
 
La preuve est faite depuis longtemps: plus de recherche et d’innovation assure une meilleure performance économique des pays qui y consacrent des efforts. Devant les enjeux de notre société, tant environnementaux que 
sociaux ou économiques, et dans un contexte de libre-échange de plus en plus large, la recherche et l’innovation ne seront pas un luxe, mais une obligation pour réussir à mieux performer et percer les marchés étrangers, source importante de notre croissance et de notre développement économique. Bref, notre retard en ces matières doit être comblé le plus rapidement possible. Il serait facile d’écrire que les gouvernements sont les principaux responsables de ce retard, mais la réalité est plus complexe. Ils ont certes un rôle à jouer comme catalyseur, mais il demeure que nos entreprises n’investissent pas assez en recherche et développement et ne sont pas les mieux outillées en gestion de l’innovation. Ultimement, l’étape de commercialisation est déficiente. 
 
Nous avons pourtant plusieurs atouts pour nous démarquer et reprendre la pole position en ces matières: nos universités et centres de recherche possèdent des expertises et des infrastructures de recherche de classe mondiale, nos grandes entreprises (québécoises et étrangères) en sol québécois ont une importante capacité scientifique et technique de recherche et d’innovation et nous demeurons une terre propice à l’entrepreneuriat. Que nous manque-t-il donc, considérant ces atouts, pour permettre au Québec de se distinguer ici et sur les marchés étrangers? Depuis plusieurs années, des études et analyses ont démontré l’importance d’accroître la formation et les compétences en gestion de l’innovation du personnel dirigeant et des employés. L’innovation n’est pas une vague mode passagère dans l’entreprise. Pour réussir la gestion de l’innovation, il faut implanter durablement dans nos entreprises des processus et des valeurs managériales. Au passage, il est important de noter que l’innovation n’est pas seulement technologique, mais aussi organisationnelle et sociale, demandant ainsi aux dirigeants une vision stratégique pour implanter une véritable culture de l’innovation. 
L’ADRIQ souhaite que les gouvernements fassent de la recherche et de l’innovation une priorité nationale afin de nous donner une vision cohérente, prévisible et dotée de moyens pour réussir à reprendre avantage de nos forces et atouts pour percer dans un monde de plus en plus concurrentiel. La recherche et l’innovation ne sont pas un choix, mais une obligation pour le futur du Québec. Et il faut en faire une préoccupation stratégique de tous les jours. 
 
Albert De Luca, Associé, Deloitte et Président du C.A. de l’ADRIQ
Pascal Monette, Directeur général, ADRIQ

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