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Cris de cœur et de rage

Gabriel Szabo et Paul Savoie font communion avec brio pour raconter l’intensité et l’étouffement d’Yves Sauvageau.
Photo courtoisie, Valérie Remise Gabriel Szabo et Paul Savoie font communion avec brio pour raconter l’intensité et l’étouffement d’Yves Sauvageau.

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Comédien et dramaturge, Yves Hébert Sauvageau se dirigeait vers un avenir brillant lorsqu’il a décidé de s’enlever la vie à l’âge de 24 ans. Présenté jusqu’au 28 novembre au Théâtre Périscope, Sauvageau Sauvageau est une plongée brûlante et intense dans l’univers de ce créateur décédé en pleine crise d’Octobre.

La proposition de l’auteur et metteur en scène Christian Lapointe est un collage de textes et d’œuvres écrites par Yves Sauvageau, livrés par Gabriel Szabo et Paul Savoie. Gabriel Szabo joue le jeune auteur et comédien qui étouffe et qui souffre et Paul Savoie, en opposition, personnifie Yves Sauvageau à un âge vénérable, s’il ne s’était pas enlevé la vie. Gabriel Szabo livre les mots à toute vitesse, avec intensité et urgence de vivre, tandis que Paul Savoie joue le vécu, l’expérience, la sagesse, et essaie de calmer son alter ego.

Tirade d’anthologie

Sauvageau Sauvageau parle de peurs, de craintes, de frustrations, de mal de vivre, de l’abondance de publicité, de la télévision, de vide, de la vie et de la mort. «Pourquoi Dieu fait-il mourir les enfants? Il y a tellement d’adultes à tuer», lance le jeune Sauvageau, qui était reconnu pour refuser toute conformité. Les mots, surtout ceux du personnage de Gabriel Szabo, sont livrés avec rapidité et il est parfois difficile de s’accrocher et d’en saisir tout le sens. Ce qui, dans cette proposition, n’est pas du tout un obstacle, tellement la charge et la livraison sont puissantes. Des mots qui résonnent parfois avec force et fracas.

La mise en scène est simple et d’une grande efficacité. Les deux comédiens portent les mêmes vêtements et évoluent sur une scène où l’on retrouve quelques chaises, un micro, une surface de projection pivotante et un piano mécanique qui joue tout au long des 70 minutes des pièces composées par David Giguère. Gabriel Szabo joue avec une incroyable intensité. Il est totalement en communion avec les mots qui l’habitent. Il livre une tirade d’anthologie, comme un immense cri du cœur et de rage, dans la dernière ligne droite du spectacle, où il est complètement à bout de souffle. Spectaculaire et renversant.