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L’échec de Babel

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La sécurité psychologique absolument remarquable dont bénéficiaient les sociétés occidentales depuis 50 ans avait quelque chose d’exceptionnel. Elles savaient bien que la violence politique continuait de faire des ravages dans le monde.

Mais elles s’en croyaient protégées. Les grands massacres ne se passaient plus chez elles. Elles s’imaginaient même que le jour où tous les coins du monde se seraient pliés au modèle occidental, l’humanité en aurait terminé une fois pour toutes avec la violence. La guerre appartiendrait à la préhistoire de l’humanité.

On constate aujourd’hui que cette vision était moins une prophétie qu’un beau rêve. Qu’on le veuille ou non, le conflit est consubstantiel à l’humanité et il se manifeste même dans les sociétés qui croyaient l’avoir pour de bon refoulé dans les marges. Il peut notamment rejaillir quand on met en contact trop intime des peuples ou des civilisations qui ne sont pas destinés à cohabiter.

Les intellectuels ont un rôle majeur, pour peu qu’ils se délivrent du rôle pontifiant de donneurs de leçons. Ils peuvent révéler le sens des événements.

Le métissage brutal des cultures provoque un retour de flamme. Quand on veut unifier l’humanité en neutralisant les différences, elles explosent. C’est l’histoire de la tour de Babel.

L’échec de Babel

L’immigration massive des dernières décennies avait quelque chose d’irresponsable. On a consenti, dans les faits, à la formation d’un nouveau peuple sur le continent européen. Et l’immigration s’est poursuivie bien après qu’on eut constaté l’échec de l’intégration.

On a systématiquement renvoyé à l’extrême droite ceux qui constataient simplement que la diversité n’était pas toujours une richesse, et qu’elle pouvait même représenter la fragmentation sociale et identitaire d’une société incapable de renouer avec une certaine cohérence. Les lanceurs d’alerte étaient systématiquement et inévitablement diabolisés.

Dans Le Figaro du 20 novembre, Thibault de Montbrial, un spécialiste de la lutte contre le terrorisme, expliquait que les réseaux islamistes, en France, disposent d’un milieu social où se mouvoir, dans certaines banlieues immigrées. Ce milieu est certainement minoritaire. Il n’est pas pour autant insignifiant.

On apprenait ailleurs qu’un musulman britannique sur cinq considère positivement les jeunes djihadistes qui partent pour la Syrie. Et on trouve en Europe certaines enclaves qui s’alimentent à l’islamisme radical, comme Molenbeek, en Belgique.

Un sursaut?

Les intellectuels, dans ce contexte, ont un rôle majeur, pour peu qu’ils se délivrent du rôle pontifiant de donneurs de leçons. Ils peuvent révéler le sens des événements et permettre au commun des mortels de prendre leur pleine mesure et cela d’autant plus que la parole des politiciens est disqualifiée.

Car c’est un autre aspect tragique des récents événements: ils révèlent l’état de décomposition morale et civique avancé des démocraties occidentales. Ils sont plusieurs à croire qu’à la guerre, on peut répondre par l’amour. Ce délire les perdra.

Et pourtant, loin des élites faisandées et des médias vermoulus, il semble y avoir encore un instinct de vie dans le peuple. On apprenait dans Le Monde que les jeunes Français se ruent vers l’armée. Ils veulent prendre les armes pour leur pays.

Ils sont 1500 par jour à vouloir s’enrôler depuis le 13 novembre. Ils étaient 500 avant les attentats. C’est une pulsion de survie. Et c’est le signe d’une santé morale étonnante, surtout quand on pense aux sermons pacifistes qu’on a infligés aux jeunes générations.

C’est quelquefois dans les journées les plus sombres qu’on voit luire l’étincelle de la renaissance.

 

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