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Il accepte l’inspection de sa cuisine

Léandre Bergeron se bat depuis 2002 pour avoir le droit de produire son pain dans sa cuisine. Il semble qu’un compromis soit maintenant possible.
Photo Courtoisie Léandre Bergeron se bat depuis 2002 pour avoir le droit de produire son pain dans sa cuisine. Il semble qu’un compromis soit maintenant possible.

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ROUYN-NORANDA | Un boulanger artisanal qui refuse de se conformer aux normes du ministère de l’Agriculture depuis 13 ans pourrait pouvoir continuer à produire son pain grâce à une dérogation spéciale.

Léandre Bergeron produit du pain dans sa cuisine de sa maison de campagne depuis 30 ans. Depuis 13 ans, il le donne en échange d’une contribution volontaire dans le commerce La Semence de Rouyn-Noranda. Selon lui, il doit donner son pain puisque le ministère de l’Agriculture refuse qu’il le vende parce que sa cuisine n’est pas conforme aux normes.

Depuis 2002, le ministère tolérait cette façon de fonctionner, mais il y a un mois, un inspecteur aurait dit à M. Bergeron de se conformer sinon son pain serait saisi et jeter à la poubelle.

«Ils aiment ça jeter ce qui est bon. Un peu comme ils ont fait avec le fromage il y a quelques années. C’est du poison pour eux si ça n’a jamais été inspecté. Pourtant, en 30 ans, personne n’a jamais porté plainte contre mon pain. Le bât qui blesse n’est pas la santé publique, mais que je refuse de rentrer dans le rang», affirme celui qui milite pour une agriculture paysanne à petite échelle depuis des décennies.

Inspection

Mardi matin, deux inspecteurs du ministère de l’Agriculture se sont présentés chez M. Bergeron pour évaluer sa cuisine. Contrairement à ce qu’il avait dit, le boulanger a accepté que les inspecteurs visitent sa cuisine. Les inspecteurs ont jugé le risque de la production de M. Bergeron comme étant «faible».

Selon ce qu’il a fait savoir, M. Bergeron devra demander une dérogation spéciale pour pouvoir poursuivre sa production. Il pourrait ainsi continuer à produire et donner son pain même s’il n’a pas de permis. Il devrait cependant se plier à une inspection à chaque trois ans, a fait savoir la fille du boulanger, Déirdre Bergeron.

Appui de la Chambre de commerce

Par ailleurs, le boulanger militant pour une agriculture de proximité, a reçu l'appui de la Chambre de commerce de Rouyn-Noranda le 16 novembre. «Nous comprenons parfaitement l’importance d’établir des standards dans l’intérêt de la santé publique. Toutefois, nous ne pouvons croire que ces standards doivent être appliqués intégralement d’une seule manière, sans laisser place à la nuance, d’autant plus que, dans le cas de M. Bergeron, aucune plainte visant ses produits n’a été formulée par les citoyens», peut-on lire dans une lettre expédiée au ministre Pierre Paradis.

Cote de risque

Selon la conseillère en salubrité au ministère de l’Agriculture, Johanne Minville, toute personne qui souhaite vendre des produits fabriqués dans leur cuisine domestique doit avoir un permis en vigueur et que la personne soit formée. Il doit aussi se plier à des inspections régulières. «On établit un profil d’inspection. Si la cote de risque est jugé faible, l’inspection sera une fois aux trois ans», a-t-elle dit.