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Le changement climatique, c’est maintenant

Les experts prévoient des orages plus fréquents et plus puissants avec le réchauffement des températures causé par les humains.
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier Les experts prévoient des orages plus fréquents et plus puissants avec le réchauffement des températures causé par les humains.

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ROUYN-NORANDA | Hausse du nombre de décès, tempêtes plus violentes, eau qui monte et ronge les berges, animaux qui perdent le nord. Le Québec vit déjà les effets des changements climatiques.

Les Québécois ne s’en rendent pas toujours compte, mais les impacts de réchauffement climatique affectent leur vie quotidienne.

Le cofondateur d’Équiterre, Steven Guilbeault, affirme que chaque fois qu’on fait l’épicerie, on paie pour les changements climatiques.

«En hiver, une grande partie de notre panier d’épicerie vient de Californie. En raison de la sécheresse, le coût a grimpé de 15 %. La NASA dit qu’il ne reste qu’une année de réserve d’eau dans les réservoirs en Californie, après on ne sait pas ce qu’il va se passer», explique-t-il.

Au Québec, on a longtemps cru que la hausse des températures favoriserait l’agriculture. Mais le changement est si rapide que les avantages sont souvent annulés par des sécheresses ou de nouveaux insectes qui s’attaquent aux récoltes, soutient le consortium de recherche Ouranos, qui étudie les impacts des changements climatiques au Québec.

La province doit aussi faire face à de nouvelles maladies qui résistent maintenant aux hivers québécois, comme la maladie de Lyme.

2 degrés

Au cours des dernières semaines, Le Journal a rencontré plusieurs citoyens qui vivent déjà des impacts très concrets.

L’environnement est au cœur des discussions alors que des représentants de près de 200 pays se réuniront à Paris cette semaine pour tenter d’en arriver à une nouvelle entente afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils tentent de limiter la hausse des températures à 2 °C d’ici la fin du siècle.

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, au-delà de 2°, le climat planétaire pourrait avoir des conséquences catastrophiques, comme la hausse incontrôlée du niveau de la mer ou la fonte du pergélisol.

Cette fonte dégagerait des quantités importantes de méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2.

Le défi est de taille. Pour y arriver, il faudrait réduire les émissions mondiales de plus de la moitié d’ici 35 ans. Mais que peuvent bien changer 2 °C de plus pour le Québec?

«Pour bien des gens, c’est vrai que ça semble peu. Mais nous n’en sommes qu’au début des changements climatiques et déjà les extrêmes sont importants», soutient Alain Bourque, le directeur du consortium Ouranos.

Pas des bonnes nouvelles

«Il suffit de penser à Katrina ou à la vague de chaleur en Europe en 2003 qui a tué des dizaines de milliers de personnes, poursuit-il. Si vous êtes une personne âgée vivant au centre-ville de Montréal ou un habitant des Îles-de-la-Madeleine, ce ne sont vraiment pas de bonnes nouvelles»,

Selon Steven Guilbeault, il n’est pas trop tard pour maintenir la hausse sous les 2°.

«Il y a beaucoup d’avantages à agir dès maintenant. Le discours de Philippe Couillard a évolué. Il prend conscience de l’ampleur et de la vitesse du changement, c’est encourageant. Mais quand vient le temps d’agir, les gouvernements ne savent souvent pas comment s’y prendre», soutient M. Guilbeault.

2015, l’année de tous les records

L’année 2015 devrait être la plus chaude jamais connue sur Terre depuis au moins 1880.

Les 10 années les plus chaudes depuis le début des relevés météorologiques ont toutes eu lieu depuis 1998.

Le service météorologi­que britannique a annoncé que 2015 sera la première année où la température moyenne de la planète sera de 1 degré plus élevé que la température qui existait avant que l’on commence à utiliser les combustibles fossiles. L’objectif des pays est de maintenir cette hausse sous les 2 degrés Celsius.

«On avance en territoire inconnu pour l’humanité et l’on devra s’adapter», selon Alain Bourque, du consortium sur le climat Ouranos.

5 solutions qui ne détruiront pas l’économie

Pas besoin de revenir à l’âge de pierre pour réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre, disent les experts. Mais plus vite la transition débutera et moins les changements nécessaires devront être majeurs.

1. Électrifier les transports Pas moins de 45 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec proviennent du transport. Tout le pétrole consommé au Québec est acheté de l’étranger alors que l’hydroélectricité fournit une énergie propre, locale et renouvelable. Québec offre 8000 $ aux citoyens qui achètent une voiture électrique. L’objectif est de faire passer le nombre de ces voitures de 7300 à 100 000 d’ici cinq ans.

L’entreprise Téo Taxi promet d’avoir 1000 voitures de taxi électriques à Montréal d’ici 2017.
Photo Le Journal de Montréal, Christopher Nardi
L’entreprise Téo Taxi promet d’avoir 1000 voitures de taxi électriques à Montréal d’ici 2017.

2. Marché du carbone Au Québec, 31 % des gaz à effet de serre sont produits par les différentes industries. Depuis le 1er janvier 2013, la province participe à un marché du carbone. C’est-à-dire que les entreprises qui réduisent leurs émissions peuvent vendre des «droits de polluer» aux entreprises qui veulent émettre davantage. Les produits polluants à produire coûtent donc plus cher et deviennent moins compétitifs. Les entreprises qui réduisent leurs émissions deviennent aussi plus rentables. Le désavantage de ce système est cependant la hausse du prix du carburant pour le consommateur.

En participant à un marché du carbone, Québec veut que les industries réduisent leurs émissions.
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier
En participant à un marché du carbone, Québec veut que les industries réduisent leurs émissions.

3. Transport en commun Selon le CAA, rouler 20 000 kilomètres seul dans une voiture coûte 10 000 $ par année, soit cinq fois plus que si l’on change nos habitudes pour inclure la marche, le vélo, l’autopartage ou le covoiturage. Nombreux sont les groupes environnementaux qui exigent une amélioration du réseau de transport en commun. Le gouvernement Trudeau a promis un réinvestissement important.

Le transport en commun est une excellente façon de réduire les émissions polluantes.
Photo Agence QMI, Anne-Marie Provost
Le transport en commun est une excellente façon de réduire les émissions polluantes.

4. Composter Les restants de table produisent du méthane lorsqu’ils se retrouvent dans les dépotoirs, un gaz à effet de serre 20 fois plus nocif que le CO2. Plusieurs municipalités comme Victoriaville et Sherbrooke ont déjà implanté le compostage domestique sur leur territoire. D’ici 2020, toutes les municipalités du Québec devront composter.

Près de 6 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec proviennent de l’enfouissement des déchets.
Photo d’archives
Près de 6 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec proviennent de l’enfouissement des déchets.

5. Isoler votre résidence Près de 10 % des émissions québécoises proviennent des secteurs résidentiel ou commercial. Plusieurs édifices mal isolés exigent beaucoup d’énergie pour les chauffer. Le Québec a mis en place un programme d’aide financière pour que les gens qui chauffent encore aux combustibles fossiles changent leur système pour un plus propre comme l’électricité ou la géothermie.

Le chauffage au mazout constitue toujours une source non négligeable de gaz à effet de serre.
Photo Hugo-Sébastien Aubert
Le chauffage au mazout constitue toujours une source non négligeable de gaz à effet de serre.

 


Hausse moyenne au Québec depuis 1950

1 à 3 degrés

Hausse prévue d’ici 2100

4 à 7 degrés

Hausse prévue pour le nord du Québec d’ici 2100

15 degrés en hiver

Émissions mondiales entre 1990 et 2011

+42 %

Émissions québécoises par rapport à 1990

-8 %

Source Ouranos et Environnement Canada

 

 

 

 

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