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Des dessins d’élèves contre les coupes

Un père dénonce l’utilisation des enfants

Grève enseignant
Photo Facebook «En ce matin de grève, pourquoi ne pas laisser la parole aussi aux enfants...», a proposé une enseignante en publiant sur la page privée du groupe Facebook de son école des dessins réalisés en classe par ses élèves de six et sept ans.

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Un père en colère dénonce l’initiative d’une enseignante du primaire qui aurait encouragé ses élèves à exprimer leur mécontentement à l’endroit du gouvernement et des coupes en éducation.

«Mon fils m’a dit de ne pas voter pour les libéraux parce qu’ils sont méchants avec les profs», raconte Serge Purtell.

<b>Serge Purtell</b><br />Père d'un élève
Photo Courtoisie
Serge Purtell
Père d'un élève

Ce père de deux jeunes enfants n’est pas très heureux d’apprendre que Zack, son fils de sept ans, a participé en classe à ce qu’il estime être un exercice de propagande imposé par son enseignante.

Au début de l’année scolaire, elle aurait invité ses élèves à ce qu’elle a décrit comme une «pratique d’écriture libre».

Sur la page Facebook que partage un groupe privé de parents de l’école, l’enseignante d’une classe combinée de première et de deuxième année a publié le 16 novembre dernier les dessins de ses élèves.

«En ce matin de grève, pourquoi ne pas laisser la parole aussi aux enfants», peut-on lire notamment au-dessus de dessins où les jeunes demandent au ministre de l’Éducation de changer d’idée et d’arrêter les compressions.

«Je déplore ce geste. Les enfants ne devraient pas être utilisés. À six ou sept ans, ils n’ont pas l’âge de comprendre tous les enjeux. On leur présente seulement un côté de la médaille», dit M. Purtell, qui précise s’opposer aux coupes en éducation.

Pas de blâme

Invitée à réagir, la direction de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) refuse de blâmer son enseignante. Son porte-parole, Alain Perron, soutient que la vocation alternative de la classe de l’enseignante encourage les enfants à s’exprimer.

«Sa démarche ne s’inscrit pas dans le contexte des négociations, mais à l’éducation citoyenne de la pédagogie alternative», a-t-il répondu.

«L’idée de faire quelque chose pour sauver l’école publique est une demande des élèves, affirme de son côté le porte-parole de l’Alliance des professeurs de Montréal, Yves Parenteau. Nous assumons le fait qu’ils s’expriment dans un but éducatif.»

Informés de la publication d’un article sur l’initiative controversée de l’enseignante, deux parents se sont portés à la défense de celle-ci. «En quoi est-ce anormal que des enfants qui subissent des compressions s’expriment», demande Danielle Laurendeau, mère d’un élève.

Ciblé par les dessins d’enfants, le ministre de l’Éducation François Blais a pour sa part préféré ne pas commenter, arguant que ces enjeux doivent être réglés à la table de négociation.

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