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«Réelle explosion» du nombre d'infections sexuelles au Québec

Les jeunes de 15-24 ans sont particulièrement touchés par les ITSS, notamment parce qu’ils ont plus de comportements sexuels à risque.
Photo d’archives Les jeunes de 15-24 ans sont particulièrement touchés par les ITSS, notamment parce qu’ils ont plus de comportements sexuels à risque.

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Le Québec est aux prises avec une «réelle explosion» d’infections transmises sexuellement: les cas de chlamydia et de gonorrhée continuent de grimper en flèche, indique un rapport de santé publique.

Plus de 29 000 infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) ont été recensées au Québec en 2014, observe le dernier rapport de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), publié hier.

«Explosion»

«Il y a une réelle explosion des ITSS au Québec», lance sans détour le Dr Réjean Thomas, de la clinique l’Actuel, spécialisée dans les ITSS. Fait inquiétant: les jeunes de 15 à 24 ans sont particulièrement touchés par les infections.

Avec 23 198 cas déclarés en 2014, la chlamydia est de loin l’ITSS la plus répandue au Québec (voir tableau). Entre 2010 et 2014, une hausse de 34 % a été observée. Et les jeunes de 15 à 24 ans sont 12 fois plus touchés que tous les autres groupes d’âge.

Du côté de la gonorrhée, les chiffres ne sont guère plus reluisants. Entre 2010 et 2014, une augmentation fulgurante de 59 % des cas a été observée.

En 2014, les jeunes de 15-24 ans représentaient­­ 29 % des cas masculins et 60 % des cas féminins.

Fait inquiétant: de plus en plus de souches résistent aux antibiotiques. L’an dernier, une surveillance des échecs au traitement a été mise en place.

Dr Réjean Thomas, Clinique l’Actuel
Photo d'archives
Dr Réjean Thomas, Clinique l’Actuel

Plus de tests

Selon l’INSPQ, une des principales hypothèses pour expliquer la hausse du nombre de cas est l’augmentation du nombre de tests de détection, qui suit la courbe des ITSS.

«Mais il ne faut jamais mettre de côté le fait que la clé, c’est le dépistage. C’est la façon d’éviter de multiples complications», précise Karine Blouin, une des auteures du rapport.

À ce sujet, le Dr Thomas constate que les comportements sexuels ont changé, et que le condom n’est plus utilisé de façon systématique. Aussi, les rencontres sur les réseaux sociaux, plutôt que dans les bars, changent la donne.

«C’est clair que ça joue un rôle important», croit-il, ajoutant que l’absence de cours d’éducation sexuelle a un impact.

«Il y a un problème majeur de santé publique, je ne sais pas ce qu’ils attendent pour faire des campagnes de prévention majeures sur les réseaux sociaux», ajoute le médecin.

Ce dernier rappelle que les ITSS peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, dont l’infertilité.

Par ailleurs, une légère baisse des cas de VIH a été enregistrée en 2014. Mais tous demeurent prudents devant cette diminution.

«Il y a des fluctuations d’une année à l’autre, ce n’est pas évident à prédire», dit Mme Blouin.

À noter que 586 cas de syphilis ont été confirmés en 2014, et 94 % touchaient des hommes. Cette ITSS avait pratiquement été éradiquée, mais a ressurgi en 2002.

Des ITSS en hausse

Cas de chlamydia au Québec
 
2010 : 17 362 
2011 : 19 169
2012 : 20 165
2013 : 22 233
2014 : 23 198
Total : +34 % 
 
Cas de gonorrhée au Québec
 
2010 : 2064
2011 : 1875
2012 : 2225
2013 : 2635
2014 : 3292 
Total : +59 % 
 
Population à risque
  • Jeunes de 15-24 ans
  • Jeunes en difficulté
  • Hommes gais
  • Utilisateurs de drogues
  • Détenus 
  • Autochtones
  • Travailleurs du sexe
Source: INSPQ 

 

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