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Des Îles-de-la-Madeleine à l’Abitibi en bateau et en train

La migration qui s’est produite dans les années 1940 est exposée dans un film

Photo prise à Pictou en Nouvelle-Écosse lors du voyage de 1942 qui a mené une centaine de Madelinots en Abitibi.
Photos Bibliothèque et Archives nationales du Québec Photo prise à Pictou en Nouvelle-Écosse lors du voyage de 1942 qui a mené une centaine de Madelinots en Abitibi.

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Plus de 2000 kilomètres séparent l’Abitibi des Îles-de-la-Madeleine. Pourtant, on peut parfois entendre l’accent madelinot ou manger des plats des Îles en Abitibi.

En 1941 et 1942, plus de 200 personnes ont quitté les Îles-de-la-Madeleine pour s’établir sur l’île Nepawa et dans le village de Roquemaure en Abitibi-Ouest.

«Le ministère de la Colonisation leur avait offert l’île Nepawa (située sur le lac Abitibi) en pensant qu’ils seraient moins dépaysés de partir d’une île à une autre. Pourtant, c’est très très différent», raconte Céline Lafrance, qui réalise un documentaire et un livre avec son conjoint Sylvio Bénard, sur ce pan méconnu de l’histoire du Québec.

Fuir la misère

La situation aux Îles-de-la-Madeleine était difficile dans les années 1940. Le gouvernement a donc offert à ceux qui le voulaient de les transporter en Abitibi. Québec leur fournissait une maison et une terre. On leur donnait aussi un cochon et des poules chaque année.

Arrêt à Québec lors du voyage de 1941.
Arrêt à Québec lors du voyage de 1941.

Pas moins de 27 familles comprenant plus de 200 personnes ont accepté de quitter les Îles.

Les réalisateurs du film ont interrogé 26 personnes qui ont fait le voyage et qui sont encore en vie.

«Mes quatre grands-parents proviennent des Îles-de-la-Madeleine. Mes liens avec cet endroit sont encore très forts. Même si je suis née en Abitibi, je retourne aux Îles régulièrement. Plusieurs de mes amis sont des gens originaires des Îles. On est comme une petite communauté en Abitibi», explique Francine Turbide, qui participe au documentaire.

Un grand vide

Le voyage durait trois jours en bateau et en train. «Il s’agissait de déménagement de masse. Une centaine de personnes qui quittent un village, ça laisse un vide», indique Mme Lafrance.

Ils se sont retrouvés en Abitibi sur des terres non défrichées. «Les maisons qui leur ont été offertes étaient plutôt des camps de bûcherons en bois rond qui n’étaient pas isolés. Ils ont dû construire d’autres maisons en plus de défricher les terres. La vie n’était pas facile», soutient Mme Lafrance.

Comme des Madelinots

Encore aujourd’hui, l’accent de Havre-aux-Maisons, une des îles de l'archipel des Îles-de-la-Madeleine, est encore bien présent en Abitibi-Ouest.

«On s’est retrouvé dans un souper à Roquemaure avec des descendants de Madelinots. Ils ont sorti les guitares et joué de la musique des Îles. On a mangé des plats typiquement des Îles. C’était surréaliste d’être sur le bord du lac Abitibi, mais de vivre comme aux Îles. Les traditions se sont vraiment transmises dans les générations», a dit la réalisatrice.

Des Îles-de-la-Madeleine à l’île Nepawa sera présenté en septembre 2016 pour le 75e anniversaire du premier contingent à arriver en Abitibi.