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Améliorer les régimes de pension publics

Hausses de la RRQ et aînés au travail
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Le sort des travailleurs retraités de la minière Cliffs Natural Ressources, dont traite la une du Journal, relance la pertinence d’un encadrement législatif plus adéquat pour protéger les bénéfices accumulés par les travailleurs durant leur vie au travail.  En sus, une bonification significative des régimes de pension publics constituerait un atout supplémentaire pour réduire le haut taux de pauvreté  chez les personnes agées.

Les travailleurs de cette minière verront, dans quelques semaines, leur prestation de retraite amputée du quart. C’est sans compter que leurs prestations ne sont pas indexées et que leur pouvoir d’achat en avait été sérieusement affecté. Le régime était insuffisamment capitalisé et la compagnie en faillite ne peut définitivement plus y remédier.

Moins de 40% des travailleurs contribuent à un régime complémentaire de retraite et au-delà de la moitié des Canadiens, de plus de 65 ans, reçoivent le supplément de revenu garanti, faute d’avoir suffisamment d’argent pour vivre avec leur chèque de pension du  Régime des rentes du Québec (RRQ) ou du Régime de pension du Canada (RPC).

Il est facile de comprendre l’inquiétude de la majorité des travailleurs sur la qualité de vie qui les attend à la retraite. Si l’anxiété gagne les travailleurs qui contribuent à un régime complémentaire de retraite, il est facile d’imaginer la détresse de ceux qui ne comptent que sur le chèque de pension du gouvernement pour vivre leurs vieux jours. C’est la pauvreté garantie.

Bien que les gouvernements aient resserré les lois et établi des règles strictes de capitalisation et de stabilisation des régimes de retraite complémentaires, cela n’aura pas protégé certains travailleurs contre la vétusté de leur régime et le laxisme de certains employeurs à maintenir la viabilité de leur régime.

Les délais pour corriger la situation et les mauvais exemples gouvernementaux qui s’exonéraient des obligations faites aux employeurs, font en sorte que plusieurs travailleurs verront leur espérance de retraite décente s’amenuiser, surtout si l’on considère les attaques patronales incessantes contre les régimes à prestation déterminée. Le rapport D’Amour a d’ailleurs rapidement été tabletté afin de satisfaire cette agressivité patronale.

Tous conviendront que le travailleur a une certaine responsabilité dans la planification de sa retraite et qu’il doit amasser un pécule pour réaliser les projets qu’il envisage pour sa vie après au travail. Cependant, les régimes publics et complémentaires devraient lui garantir de satisfaire ses besoins de base et maintenir un niveau de vie à la retraite comparable à celui qu’il avait au travail.

Les organisations patronales se sont déchainées contre les volontés syndicales et populaires d’améliorer les régimes publics de pension et ont même contribué à entretenir la grogne contre les régimes de retraite dont profitent les employés dans les institutions publiques. La raison est simple, ces organisations patronales veulent gonfler leur marge de profits, se foutant bien que le travailleur se retrouve en guenilles à la fin de sa vie active sur le marché du travail.

La solution pour les retraités n’est surement pas dans l’appauvrissement généralisé, mais au contraire d’améliorer les régimes publics pour permettre d’obtenir un revenu décent et combler l’écart avec ceux qui disposent d’un régime complémentaire. Malheureusement, le premier rendez-vous des ministres des Finances après l’avènement du gouvernement Trudeau aura fini en queue de poisson sur la bonification du RRQ et du RPC.