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À peine sorti de psychiatrie, il aurait tué sa coloc

Les voisins estiment que les autorités n’ont pas su venir en aide à l’accusé

GEN-ALEX LACASSE-DEAUDELIN
Photo courtoisie Alex Lacasse-Deaudelin, accusé du meurtre de sa colocataire

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­GRANBY | Un homme qui viendrait à peine de sortir du service de psychiatrie de l’hôpital est accusé d’avoir tué sa colocataire.

La victime, Caroline Choinière, 45 ans, partageait son appartement de l’avenue du Parc à Granby avec Alex Lacasse-Deaudelin. Ce dernier a été accusé lundi de meurtre non prémédité. Une évaluation psychiatrique a été exigée d’ici à sa prochaine comparution.

Jeudi dernier, un ami de la victime depuis 10 ans, Alexandre Trépanier, a appelé les policiers parce qu’il s’inquiétait de la santé mentale de l’accusé et craignait pour son amie.

Selon lui, les policiers ont emmené l’accusé au Centre hospitalier de Granby, mais il aurait obtenu son congé dès vendredi.

«Les autres voisins et moi, on voyait ça venir. Mais quoi faire? On appelle les policiers, ils l’envoient à l’hôpital et l’hôpital le retourne! On le sait qu’il est en psychose, on le voit! Je reste à côté et ça faisait deux jours que je ne dormais pas. Il faisait trop de bruit», lance-t-il.

Des cris

<b>Alexandre Trépanier</b><br />
Ami de la victime
Photo Éliane Thibault
Alexandre Trépanier
Ami de la victime

Alexandre Trépanier a lui-même appelé les policiers dans la nuit de dimanche à lundi en entendant les cris de la victime.

«Je l’ai entendue pousser son dernier cri. Elle a lâché un gros cri vers 2 h du matin et ensuite c’est devenu tranquille», raconte-t-il, encore ébranlé par ce souvenir.

Depuis les deux derniers mois, Alexandre Trépanier voyait la santé mentale d’Alex Lacasse-Deaudelin décliner au point où il a contacté les policiers à plusieurs reprises.

Il affirme que des prises de bec particulièrement virulentes ont eu lieu au cours de la dernière semaine.

«En quelque sorte, il criait à l’aide dans son appartement. On a essayé de l’aider et le système n’a rien fait pour le soutenir», ajoute-t-il.

Un autre ami, Steve Gauthier, confirme que l’état de l’homme était précaire.

«On le voyait qu’il était en train de devenir fou. Il dansait devant sa fenêtre et se fâchait parce que des gens le filmaient. Il disait que sa colocataire essayait de l’empoisonner. Il était devenu paranoïaque.»

Trop bon coeur

Alexandre Trépanier ajoute que Caroline Choinière en avait assez de cette situation. La femme aurait tenté de mettre son colocataire à la porte, mais sans succès.

«Il ne voulait pas partir. Il aurait fallu qu’elle porte plainte à la police, mais elle ne voulait pas faire ça. Elle avait trop bon cœur.»

Steve Gauthier se souvient de la gentillesse de son amie. Elle lui avait récemment offert quelques meubles.

Quant à Alexandre Trépanier, il se rappelle la dernière soirée passée avec elle à l’occasion de Noël.

L’Hôpital de Granby n’a pas répondu à nos questions lundi.