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Devenir Québécois

Rhapsodies québécoises

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Akos Verboczy a quitté la Hongrie à 11 ans, lorsqu’il est arrivé au Québec, il ne connaissait pas un mot de français. Évidemment, personne ne choisit d’immigrer à cet âge, il suivait plutôt sa mère – qui prend mari prend pays — et est arrivé à Montréal avec cette dernière et sa sœur, laissant derrière lui son groupe d’amis et sa mamie. 

 

Le récit de ses pérégrinations, Rhapsodies québécoises, qu’il publie cette semaine chez Boréal, est une ode à son nouveau pays, mais aussi l’exemple d’un parcours d’intégration exemplaire, démontrant que la «méchante» loi 101 donne tous les jours de petits miracles. 

 

Lorsqu’on parle d’immigration, on parle souvent de ce qui ne fonctionne pas, des ratés de l’intégration, des scénarios catastrophes, mais rarement des succès, tels que celui d’Akos Verboczy. 

 

Certains passages de son livre sont touchants, d’autres troublants. On rit, on réfléchit, mais on ne s’ennuie jamais. On apprend, surtout, de son parcours de vie, de ses réflexions, de son enracinement. On comprend, à la lecture de son récit, l’importance de l’enseignant des classes d’accueil dans la réussite des enfants allophones et, de façon générale, le rôle essentiel de l’école dans l’intégration des migrants. On assiste d’ailleurs avec malaise à une scène de spectacle interculturel où la culture québécoise est huée, comprenant que le multiculturalisme ne peut réussir sans l’importance centrale de la culture d’accueil. 

 

Les migrants, on les côtoie tous les jours dans l’autobus, dans le métro, mais on a rarement la chance d’entrer autant dans leur intimité, de comprendre ce qu’ils vivent ou ce qu’ils ont vécu. Ce récit – petit bonheur à lire – nous permet de comprendre tout ce qui peut se passer dans la tête d’un jeune migrant développant son identité, jonglant avec ses cultures et s’adaptant merveilleusement bien à son nouveau chez lui.

 

Ce qui ressort le plus clairement de ses pages, outre sa plume et la langue française qu’il manie à merveille, c’est qu’être Québécois, c’est surtout un choix. On peut être né en Hongrie et devenir aussi Québécois qu’un petit gars d’Amos, ce livre est preuve qu’une identité choisie est aussi forte que si on l’avait reçue à la naissance.  

 

Verbocczy, Akos (2016). Rhapsodies québécoises. Montréal : Boréal, 240 pages.