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Omar et Justin

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Photo AFP Le premier ministre Justin Trudeau.

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La rockstar de l’islamisme, et acrobate du double langage, Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans, s’est réjouie de l’élection de Justin Trudeau lors d’un récent passage à l’université McGill.

Adulé, Ramadan se présente comme un modéré bien qu’il dirige une chaire sur la sharia au Qatar. En 2011, dans un discours au Texas, frère Tariq a exprimé le désir de voir les musulmans «coloniser» les États-Unis. Le Canada, c’est proche.

La tactique? Infiltrer les institutions.

Une nomination controversée

Revenons à Justin Trudeau. En décembre, il a nommé un ami de longue date, le député de Mississauga Centre, Omar Alghabra, secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères. Le Qatar l’a félicité.

Son CV a soulevé des questions dans les médias du Canada anglais — et américains —, mais au Québec, comme d’habitude, silence radio. Je vais tenter de palier.

Ingénieur mécanique, monsieur Alghabra est né en Arabie saoudite de parents syriens. Il est arrivé au Canada à l’âge de 19 ans.

<b>Omar Alghabra</b><br /><i>Secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères</i>
Photo Agence qmi
Omar Alghabra
Secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères

En 2004 et 2005, il a siégé comme président de la Canadian Arab Foundation. Quatre ans plus tard, le gouvernement canadien a cessé de subventionner l’organisme déclaré «radical et antisémite». Deux tribunaux ont confirmé cette décision. La CAF recevait un million par année pour enseigner l’anglais aux immigrants. Alghabra, qui avait déjà quitté la CAF, a condamné le geste du fédéral, selon le National Post.

Lors de la première assermentation d’Omar Alghabra comme député en 2006, Khalid Usman, alors membre du PLC et conseiller municipal pour Markham, aurait, selon plusieurs témoins, lancé du podium qu’il s’agissait d’une victoire pour l’islam. Sans être rabroué par Alghabra.

Dois-je préciser qu’il était en faveur des tribunaux islamiques au Canada? Que le Hamas et le Hezbollah ne sont pas nécessairement des groupes terroristes? Qu’il a refusé de condamner les attentats-suicide en entrevue avec The Jewish Tribune en 2006?

En 2007, Alghabra était invité à prendre la parole lors du 33e congrès de la Islamic Society of North America Canada, avec Tariq Ramadan. Mais en 2013, après une visite remarquée de Justin Trudeau, ISNA Development a perdu son statut caritatif pour avoir transféré des fonds à des terroristes au Pakistan.

Lorsqu’il était encore président de la Canadian Arab Foundation, Alghabra a présenté au Sénat un bref détaillant l’opposition de la CAF à la loi antiterrorisme de l’époque. Selon lui, une partie de la solution était d’impliquer et d’embaucher plus d’Arabes et de musulmans au sein des agences responsables de la sécurité au Canada.

Comment savoir?

Hors de tout doute, le Canada a besoin de tous les citoyens qualifiés pour sa lutte contre le terrorisme. Le 11 septembre 2001, les Américains ont payé le gros prix pour ne pas avoir embauché plus d’arabophones. Mais il arrive un moment où le citoyen moyen, mis au parfum, se pose des questions.

Comment peut-on faire entièrement confiance à des gens dont les leaders prêchent la dissimulation à des fins politiques? Comment faire la différence entre un «infiltré» et un allié? Que pense Justin Trudeau des soupçons qui planent depuis 2004 sur son nouveau secrétaire parlementaire?

Où prend-il ses certitudes? De qui doit-on se méfier?

Les musulmans «ordinaires» sont vraiment les premières victimes de l’islamisme.