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Future ligne d’Hydro profitable

Un projet d’exportation vers les États-Unis qui devrait générer 200 M$ par an sera déposé aujourd’hui

Bloc Hydro-Québec, pylônes, pylone
Photo d'archives

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Le projet de construction d’une «autoroute» de l’électricité entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre qu’Hydro-Québec présentera aujourd’hui aux autorités américaines a de bonnes chances d’obtenir leur feu vert et, ainsi, de générer des profits de 200 M$ par an.

Les presque 400 km que ferait la ligne électrique Northern Pass font d’elle le plus gros projet du genre à voir le jour entre la Belle Province et les États-Unis depuis les années 1990.

Son potentiel est énorme pour le Québec, a assuré Richard Cacchione, le président d’Hydro-Québec (HQ), au Bureau d’enquête.

«L’an dernier, les exportations d’électricité [vers les États-Unis à l’aide des lignes existantes] nous ont rapporté 800 M$ en bénéfices», a-t-il fait valoir.

Or, la nouvelle ligne que propose Hydro-Québec pourrait à elle seule permettre de faire des profits de 200 M$ en vendant l’électricité du Québec chez nos voisins du Sud, selon nos informations.

Pleine capacité

Le projet est d’autant plus alléchant pour Hydro-Québec que ses exportations sont limitées pour l’instant. Les lignes électriques déjà existantes entre le Québec et les États-Unis atteignent leur pleine capacité de transport aux heures de pointe. C’est lors de ces moments que la vente d’électricité est la plus payante pour Hydro.

«Nous avons un avantage que personne d’autre n’a. Nos réservoirs [d’eau], c’est la plus grande batterie en Amérique du Nord», a tenu à rappeler M. Cacchione.

Le projet Northern Pass (capacité maximale de 1090 mégawatts) en ferait la 3e ligne de transport en importance vers les États-Unis après celle de Sandy Pond (2000 mégawatts) près de Boston et de Massena (1500 mégawatts) dans le nord de l’État de New York.

Controversée

La controverse entoure le projet de construction de cette «autoroute» électrique depuis ses débuts. Il a rencontré beaucoup de résistance de la part de citoyens américains, peu enclins à voir des lignes traverser les paysages de la région.

C’est d’ailleurs pourquoi les plans finaux prévoient que près de 96 km de la future ligne seraient enfouis sous terre, notamment la portion qui traverserait les montagnes Blanches.

À noter que les frais de construction de la ligne seraient assumés par les États-Unis pour toute la portion située sur son territoire.

Si le projet est approuvé, les travaux pourraient commencer rapidement. Les premières livraisons sont prévues pour mai 2019.

Actuellement, Hydro-Québec exporte environ 30 térawatts-heure d’électricité par année. Le projet Northern Pass prévoit une livraison minimum de 6,3 térawatts-heure à lui seul.

 

Bloc Hydro-Québec, pylônes, pylone
Photomontage

 

Le projet Northern Pass en bref

 

  • 2,8 G$ CAN : coût total de la construction dont :
    • 607 M$ CAN : portion des coûts assumés par Hydro-Québec
    • 2,25 G$ CAN : portion des coûts assumés par les États-Unis

6,3 térawatts-heure : capacité de livraison en électricité en une année


Sans contrat : Hydro-Québec n’aurait pas de contrat ferme pour vendre son électricité, mais pourrait le faire au prix du jour. Les risques sont plus élevés ainsi, mais aussi les profits générés.

Marchés : les compagnies d’électricité du Connecticut, du  Massachusetts et du Rhode Island.

Près de 400 km : longueur de la ligne du poste Des Cantons, en Estrie, jusqu’à Deerfield, dans l’État du New Hampshire
 
dont
 
79 km : longueur de la ligne au Québec

96 km : zone de la ligne enfouie sous terre aux États-Unis

Financement : Hydro-Québec paiera pour la construction de la portion au Québec, et son partenaire américain, Eversource, pour celle de la portion aux États-Unis. Après 20 ans, c’est Hydro-Québec qui assurera le financement de la ligne du côté américain.

Partenaires : Hydro Quebec Renewable Energy, filiale d’Hydro-Québec et Eversource Energy.

3 M de tonnes de GES en moins par année