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Qui a peur de PKP?

Periode des questions
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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L’acharnement, exercé depuis le retour des Fêtes pour miner l’intégrité et la crédibilité du chef du Parti québécois, va finir par le rendre sympathique malgré ses dons pour se mettre lui-même les pieds dans les plats. La population a généralement un penchant pour les victimes.

Les chicanes au sein de son cabinet, l’Institut sur la souveraineté et la fiscalité de Québécor ont été utilisés à outrance pour le déstabiliser et le détourner de son travail d’opposition. Il faut admettre que la stratégie des adversaires a marqué des points alors qu’il n’en finissait plus de se justifier et qu’il les fustigeait de menaces de poursuite. Son tempérament colérique l’aura fort mal servi et fait perdre un temps précieux pour interpeler le gouvernement.

Cette charge à fond train contre lui reflète tout de même une grande crainte à l’égard de l’homme chez les fédéralistes. Sans accréditer la thèse du complot des journalistes de La Presse et de Radio Canada contre monsieur Péladeau, il faut observer en direct avec quelle hargne certains s’en prennent à lui. J’ai particulièrement en tête les entrevues de l’animatrice Anne-Marie Dussault à son émission 24/60 qui voulait faire dire à tout prix à ses invités, comme Bernard Drainville, Alain Denault et Michel Nadeau que la crédibilité de l’homme était sérieusement affectée par les révélations de l’émission Enquête.

Je reconnais le mérite des journalistes qui veulent faire triompher la vérité, mais cela ne doit pas se transformer en inquisition qui vise à accréditer leurs thèses. Ce que je veux savoir avant tout, ce sont les positions que défendent les partis et leur chef en regard de l’évitement fiscal en 2016. De plus en plus, les pays industrialisés se soucient de ces paradis fiscaux et tendent vers des règles et des lois qui obligeront les entreprises multinationales à payer des impôts sur les profits qu’ils réalisent dans un pays. Je trouve sage que le leader du PQ renvoie la balle à Québécor pour les explications passées. Il évitera ainsi les confusions de rôles dans lesquelles ses adversaires veulent l’entraîner.

Je souhaiterais également en connaître plus sur la forme qu’un éventuel institut de la souveraineté prendrait et j’espère même qu’il sera créé.  La création d’un tel institut bousculerait les fédéralistes qui préfèrent nous entretenir dans l’ignorance et la peur, mais elle permettrait de faire émerger des données plus objectives qui éclaireront nos choix futurs. Les fédéralistes souhaitent que les indépendantistes soient le moins outillés pour défendre leur thèse pendant qu’eux se créent leur groupe de réflexion et bénéficient des généreuses subventions de Patrimoine Canada.

Pour la régie interne de son parti, il est de bonne guerre de lui souhaiter un entourage qui le rendra plus fort et plus sympathique, tout en ne sapant pas dans sa détermination et l’expression de ses talents. Cela dit, espérons qu’à l’avenir il pourra présenter des contenus intéressants en parallèle de ses caucus et ses instances du parti, plutôt que d’être pris à commenter les humeurs de ses proches collaborateurs.