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Les carottes causent aussi l'obésité, dit l'industrie des boissons sucrées

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C’est en soulignant que les carottes pouvaient aussi causer l’obésité et que le cola n’avait rien à voir avec les caries que les fabricants de boissons sucrées ont dénoncé hier la proposition d’imposer l’ajout de mises en garde sur les bouteilles.

«La meilleure façon de réduire les problèmes de santé, c’est de mieux informer, pas de faire des campagnes de peur», dit Martin-Pierre Pelletier, porte-parole de l’Association canadienne des boissons.

<b>Martin-Pierre Pelletier</b>
Photo Courtoisie
Martin-Pierre Pelletier

L’organisme regroupe plus de 80 % des fabricants de boissons non alcoolisées, dont Coca-Cola, Monster, Pepsi, Red Bull et Rockstar. Il réagissait hier à la proposition de quatre organismes d’imposer des mises en garde sur les contenants de boissons sucrées, comme «Boire des boissons avec sucre ajouté contribue à l’obésité, au diabète et à la carie».

Comme sur 
­­­­les paquets 
de cigarettes
Photo courtoisie
Comme sur ­­­­les paquets de cigarettes

Cola et caries

«On écrit sur la mise en garde que ça contribue à l’obésité, mais on peut aussi afficher ça sur les sacs de carottes», plaide M. Pelletier.

Une affirmation qui fait bondir la nutritionniste Stéphanie Côté.

«Ça va en prendre des carottes pour causer l’obésité! Sérieusement, c’est démontré que les boissons sucrées ont 1000 fois plus de risques de causer l’obésité. Parce que c’est l’excès de la boisson sucrée qui cause le problème».

L’industrie va plus loin en prétendant que «ce n’est pas prouvé que les boissons sucrées causent la carie», nous a dit M. Pelletier deux fois plutôt qu’une.

«Ça n’a pas de bon sens. C’est comme si on disait que la cigarette ne causait pas le cancer», réplique Barry Dolman, président de l’Ordre des dentistes du Québec.

Pas de plan à Québec

À Québec, la demande de mise en garde sur les contenants de boissons sucrées n'a pas eu les échos espérés. «Il n'est pas envisagé actuellement d'imposer une taxe ou une mise en garde sur les boissons sucrées», a dit au Journal l’attachée de presse de la ministre Lucie Charlebois, entre autres, déléguée aux saines habitudes de vie au ministère de la Santé.

Peu de chercheurs ont étudié l’efficacité des mises en garde, mais une étude publiée ce mois-ci dans la revue Pediatrics tend à démontrer leurs bienfaits.