/lifestyle/health
Navigation

«Il y a moyen de guérir»

Normand Mousseau s’est guéri lui-même de son diabète de type 2

mousseau
Photo Le Journal de Montréal, Véronique Harvey Normand Mousseau partage son expérience personnelle et sa méthode basée sur des explications scientifiques dans son livre Comment se débarrasser du diabète de type 2 sans chirurgie ni médicament.

Coup d'oeil sur cet article

Lorsqu’on lui a diagnostiqué un diabète de type 2, à l’âge de 46 ans, Normand Mousseau n’a pas voulu y croire. Contre toutes attentes, il a réussi à se guérir de cette maladie chronique à l’aide d’une diète hypocalorique stricte. Il nous raconte son histoire.

mousseau
Photo courtoisie

Bien que cette maladie soit ­répandue dans votre famille, avez-vous été surpris du verdict?

Oui, c’est ce qu’on appelle un aveuglement volontaire. Quand j’ai reçu ce diagnostic, je pesais 225 livres et je n’étais pas très actif. [...] J’avais une infection qui ne voulait pas guérir, alors je suis allé voir le ­médecin et il a tout de suite suspecté que j’avais du diabète. Il m’a fait faire des tests et ça s’est révélé positif.

Quel genre de médication avez-vous prise?

J’ai pris la médication habituelle de première ligne, de la metformine. Le médecin m’avait dit qu’il fallait essentiellement suivre le Guide alimentaire canadien, faire de l’exercice et perdre un peu de poids. J’ai donc commencé à courir et j’ai coupé toutes les grignotines. En quatre ou cinq mois, j’ai perdu environ 30 livres, pour descendre autour de 195.

Qu’est-ce qui vous a poussé à chercher plus loin que la médication offerte?

Un an après avoir commencé mon traitement, en avril 2014, j’étais tanné de dépendre de la médication. Si j’oubliais la pilule un soir ou un matin, immédiatement ma glycémie explosait. C’était pénible. Je me suis donc mis à chercher des réponses et j’ai trouvé un article d’un physiologiste anglais de l’université de New Castle, Roy Taylor, qui avait fait une étude sur un petit groupe de 13 personnes. Il s’intéressait au lien entre la graisse dans les organes internes et le diabète depuis 20 ans. [...] Il a donc décidé de tester sa théorie, qui postule que perdre du poids rapidement permet de sortir la graisse du pancréas et du foie, ce qui mène ensuite à la guérison.

En quoi est-il nécessaire de perdre du poids «rapidement»?

Lorsqu’on perd du poids rapidement, le premier endroit où l’organisme va chercher sa graisse, c’est dans les organes internes. Ce qu’on voit, chez les gens qui subissent une opération bariatrique, qui réduit l’estomac, c’est qu’en quelques jours seulement, la glycémie retombe à des niveaux normaux.

Qu’est-ce qu’on entend par diète hypocalorique stricte?

On parle d’environ 600 calories par jour. Je donne quelques exemples de menus dans le livre, mais ça peut être 100 grammes de poulet avec des légumes frais et une clémentine comme dessert. Essentiellement, ça fait des repas de 200 calories chacun et l’idée, c’est toujours d’avoir des légumes pour avoir du volume dans l’estomac.

Combien de poids avez-vous perdu?

60 livres en tout: 30 livres au cours de ma première année sous médication et 30 livres en quelques semaines avec mes diètes hypocaloriques.

Comment avez-vous fait pour ­respecter cette diète à la lettre?

Disons que la peur bleue a l’avantage de la motivation. C’est un défi en soi, mais ça permet de guérir. D’abord, cette diète-là est temporaire. On la fait jusqu’à ce qu’on atteigne notre cible et après, on arrête. Ce n’est pas à vie. En plus, on sait qu’au bout de ça, on n’aura plus de diabète, parce que la définition du diabète en est une symptomatique. Je n’ai donc plus le diabète.

Avez-vous commencé à faire de l’exercice physique, en plus?

Pendant ma diète à 600 calories, je ne faisais pas de sport, mais depuis que j’ai cessé mon régime, je suis les recommandations de 150 minutes d’activité physique relativement intense par semaine.

Est-ce que cette méthode ­fonctionne pour tout le monde?

Les résultats semblent indiquer que oui, mais encore là, seulement pour le diabète de type 2, et encore faut-il que le pancréas soit en mesure de fonctionner. Si on est traité à l’insuline et que le pancréas ne fonctionne pas du tout, ce n’est pas certain qu’il va être capable de repartir, mais il y a tout de même des gens pour qui ç’a fonctionné.

Pourquoi les médecins ne recommandent-ils pas cette méthode, avant la médication?

Il y a plusieurs raisons. On est dans l’idée que, par définition, il s’agit d’une maladie chronique qu’on ne peut pas guérir. Même si l’on sait depuis les années 1970 que la majorité des gens qui subissent des opérations bariatriques guérissent après l’opération. [...] De plus, les médecins savent bien que lorsqu’ils disent aux patients de perdre du poids, la majorité ne le perd pas.

Quel conseil donneriez-vous aux gens atteints de diabète de type 2?

De ne pas perdre espoir, car il y a moyen de guérir. Pour ça, il faut suivre la diète hypocalorique stricte. Ça prend beaucoup de volonté, mais savoir qu’on peut guérir plutôt que de maîtriser la maladie à vie, c’est encourageant.

♦ À noter qu’il s’agit d’une expérience ­personnelle et que l’avis d’un médecin spécialiste est tout de même conseillé avant d’entreprendre une telle ­démarche thérapeutique.

Le diabète en chiffres

♦ Plus de 830 000 Québécois ­vivent avec le diabète, soit plus de 10 % de la population.

♦ Si toutes les personnes diabétiques formaient un pays, ce serait le troisième plus grand pays au monde.

♦ Le diabète est un fardeau économique estimé à 3 milliards de dollars par année en coûts directs et indirects.

♦ Le diabète est la première cause de cécité chez les adultes de moins de 65 ans.

♦ Le diabète est responsable de 40 % des insuffisances rénales et 50 % des amputations d’origine non traumatique.

Sources: Diabète Québec et idf