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Jacques Chagnon décoré par la France

POL-FUNÉRAILLES PARIZEAU
Sébastien St-Jean/AGENCE QMI Jacques Chagnon.

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Mardi dernier à Paris, le président de l’Assemblée nationale du Québec, Jacques Chagnon, a été élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur. C’est le président du Sénat, Gérard Larcher, qui l’a décoré au nom du président de la République.

L’ancêtre des Chagnon est débarqué à Québec en 1665. N’est-ce pas ce que l’on peut appeler un Québécois de souche celui qu’on a honoré mardi dernier?

Jacques Chagnon préside l’Assemblée nationale depuis 2011, ce qui a impressionné les dignitaires et amis français du Québec présents à la cérémonie émouvante. Car les Français comprennent mal que Jacques Chagnon ait pu survivre dans ses fonctions aux changements de gouvernement, une chose impensable dans la France gauche droite.

Jacques Chagnon est un homme de culture. Dans son discours, il s’est réclamé de Ronsard, Montaigne, Descartes, Baudelaire, Camus, bref de ces icônes de la civilisation française qui l’ont inspiré.

En l’écoutant rendre hommage également à Gaston Miron, Anne Hébert et Michel Tremblay, l’on comprend que ce Québécois fier de ses ancêtres qui ont bâti le pays est avant tout un homme de culture pour qui la politique est une façon de défendre l’identité francophone.

Car Jacques Chagnon s’inquiète du déclin de la culture française. Il souhaite que les États financent davantage l’éducation et le développement. Il a aussi émis le vœu que les investissements dans la culture et ses produits dérivés augmentent.

Le nouvel officier a aussi plaidé pour la création d’«une espèce de plan Marshall de la francophonie pour augmenter rapidement les niveaux d’instruction dans toute l’Afrique francophone», là où se trouve l’avenir de la francophonie. En effet, l’on estime qu’en 2040 il existera près de 600 millions de personnes qui parleront français dans le monde, dont 500 millions en Afrique.

Dans le contexte actuel où le français perd de ses défenseurs au Québec, où le gouvernement se comporte désormais avec légèreté pour ne pas dire indifférence, entendre le président de l’Assemblée nationale tenir un discours à la fois engagé et passionné était réconfortant.

La France officielle présente lors de la cérémonie s’est exprimée avec affection, respect et admiration pour ce Québécois dont la fonction exige une neutralité qui l’empêche depuis 2011 d’intervenir dans nos débats politiques.

Il faut donc remercier la France d’avoir honoré le descendant de François Chagnon dit Larose, soldat du régiment français Carignan-Salières. Jacques Chagnon lui se souvient encore.

En l’honorant du titre d’officier de la Légion d’honneur, c’est aussi le Québec, protecteur de la langue et de la culture, que la France tenait à honorer.

Mais combien reste-t-il de Jacques Chagnon dans le Parti libéral du Québec?