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L’après-RONA

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La vente de RONA à Lowe’s démontre que le secteur du commerce de détail québécois n’est pas au bout de ses peines. Des fermetures de magasins, il y en a eu et il y en aura d’autres. L’après-RONA ne s’annonce d’ailleurs pas très rose.

C’est qu’il continue de venter très fort sur les détaillants et particulièrement sur le secteur de la quincaillerie. Le mouvement de consolidation est loin d’être terminé.

D’un océan à l’autre, les ventes des détaillants ne montrent pas une grande progression, alors que les ménages canadiens sont plus endettés que jamais.

Au ralenti

En raison du ralentissement de l’économie canadienne, surtout dans l’Ouest, le secteur de la rénovation et de la construction tourne au ralenti. Et les analystes ne s’attendent pas à une grande «révolution» au cours des prochaines années.

Au Québec, les promoteurs immobiliers, qui achètent beaucoup de matériaux dans les quincailleries, ont trop construit et ils ont un nombre d’habitations invendues assez élevé.

Depuis cinq ans au Québec, le nombre de mises en chantier est sérieusement en perte de vitesse. Le nombre d’habitations construites est passé de 48 387 en 2011 à 37 926 l’an dernier, soit une baisse de 22 %, selon Statistique Canada.

Pour les dirigeants d’un grand réseau de quincailleries comme RONA, ce ne sont pas de bonnes nouvelles.

Imaginez l’effet sur les actionnaires, sachant que Lowe’s s’en venait au Québec avec l’intention d’ouvrir de 20 à 30 nouveaux magasins d’ici cinq ans.

La direction de RONA a préféré «se coucher» plutôt que de combattre l’ennemi sur son propre terrain.

D’autant que, depuis son arrivée à la tête de RONA en 2012 après la première offre refusée (2,3 milliards de dollars) de Lowe’s, la haute direction du quincaillier québécois n’a pas fourni une performance à la hauteur des attentes.

Depuis trois ans, la direction de RONA a surtout peiné à livrer de bons résultats à ses actionnaires. Incapable de se démarquer de la concurrence, RONA a surtout fermé des magasins et racheté des actions.

Il faut dire que le titre de RONA est déprimé depuis un certain temps. À la fin de 2012, le titre valait 10,39 $ à la Bourse de Toronto. Avant l’offre déposée par Lowe’s mercredi matin, le titre vivotait à 11,77 $.

En avril dernier, le titre de RONA s’est approché de la barre des 17 $, avant de redescendre tout doucement. On est d’ailleurs loin du sommet atteint en mai 2005, lorsque l’action de RONA s’échangeait à 26 $.

Dans ce contexte, le pactole empoché par la haute direction de RONA avec cette transaction de 3,2 milliards de dollars a de quoi laisser songeur. Même le fils du cofondateur de RONA n’en revient pas.

Pour son passage peu marquant de trois ans à la barre de RONA, le PDG Robert Sawyer encaissera notamment plus de 20 millions de dollars. Cela frôle l’indécence.

Pas gagné d’avance

Pour la suite des choses, la partie ne s’annonce pas de tout repos pour Lowe’s au Québec.

Le secteur de la quincaillerie demeure très fragmenté, avec la présence de nombreux «petits» joueurs qui tirent agréablement leur épingle du jeu.

Au Québec, plus de la moitié des parts de marché dans le secteur de la rénovation et de la construction appartient à des marchands indépendants.

Beaucoup de marchands affiliés à la bannière RONA (ils sont tout près de 400 au Québec) pourraient quitter le navire et décider de brasser des affaires avec d’autres bannières.

BMR/Unimat, Canac, Home and Hardware, Timber Mart, Castle et Patrick Morin n’ont d’ailleurs sûrement pas encore dit leur dernier mot.

En bref

Le gagnant du Super Bowl : les ailes de poulet

C’est qu’il va s’en vendre des ailes de poulet durant le Super Bowl. Les producteurs d’ailes de poulet s’attendent à voir leurs ventes progresser d’au moins 10 % cette année. Chez Olymel, on dit avoir produit pour le Québec tout près de 8 millions d’ailes de poulet de sa marque maison Flamingo et d’autres marques pour le week-end du Super Bowl. À la Cage, brasserie sportive, on croit être capable de vendre plus de 100 000 ailes de poulet et plus de 12 000 litres de bière dans ses restaurants durant le Super Bowl.

Warren Buffett achète dans le raffinage

Le gestionnaire Warren Buffett profite de la faiblesse du cours du pétrole pour acheter massivement des titres de pétrolières. Depuis le début de janvier, Berkshire Hathaway a notamment acheté pour près d’un milliard $ d’actions du raffineur du Texas Phillips 66. Warren Buffett détient maintenant 14 % des actions de Phillips 66 en circulation. L’entreprise a vu ses profits grimper l’an dernier à 2,6 milliards $ US, comparativement à 1,6 milliard $ en 2014. Les marges des raffineurs sont d’ailleurs excellentes depuis un an.

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