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Hommage à un sage engagé

Hommage à un sage engagé
photo Gaby

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Le pédiatre et homme public Victor Goldbloom nous a quitté cette semaine à l’âge de 92 ans.

Je veux lui rendre hommage. C’est le moins que je puisse faire pour un Québécois admirable qui m’a fait l’immense honneur d’être parmi mes lecteurs ces dernières années.  

Son départ m’attriste au plus haut point. Cet homme de qualité aimait bâtir des ponts entre les hommes et entre les communautés. Ses mémoires s’intitulent justement Les ponts du dialogue.

Premier juif à accéder au Conseil des ministres du Québec, sous Robert Bourassa, il est devenu le premier titulaire du ministère de l’Environnement, créé à sa suggestion, en 1970. On lui doit la première Loi sur la qualité de l’environnement.

Dans Le Devoir cette semaine, l’environnementaliste André Bélisle disait avoir l’impression que ce ministère est plus faible aujourd’hui qu’à l’époque de monsieur Goldbloom.

Le docteur Goldbloom a siégé à l’Assemblée nationale de 1966 à 1979.

De 1987 à 1990, il a présidé le BAPE et il a été commissaire aux langues officielles du Canada de 1991 à 1999.

Officier de l’Ordre du Canada et de l’Ordre national du Québec, Victor Goldbloom était un visionnaire et un humaniste engagé comme il en existe trop peu. Engagé jusqu'à son dernier souffle, la semaine dernière il devait faire partie d’une délégation à la Commission parlementaire sur la loi 86 sur la gouvernance des commissions scolaires.

D’être un juif impliqué dans sa communauté ne l’a jamais empêché de se mettre au service de tous les Québécois, notamment en qualité de membre-fondateur du C.A. de la Fondation Jules et Paul-Émile Léger, de la Fondation Jean Lesage, du musée des religions de Nicolet et du Conseil canadien pour le commerce autochtone.

En 2012, il a été fait chevalier de l’Ordre catholique de Saint-Sylvestre par le pape Benoît XVI, en reconnaissance de sa contribution au dialogue entre juifs et chrétiens.

J’offre mes condoléances aux membres de sa famille, notamment à ses fils Michael et Jonathan que j’ai eu le plaisir de côtoyer ainsi qu’à sa fille Susan.

En yiddish, on dit qu'il était un mensch, un homme fiable et intègre. Un type mieux que bien.

La photo ci-haut a été prise par feu mon beau-père, le portraitiste Gaby, en 1966 (svp ne pas reproduire sans permission).