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Jobillico veut faire sa marque au Canada

Après le Québec, l’entreprise compte faire sa place au Canada anglais

Jobillico
PHOTO simon clark

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L’entreprise de recrutement web Jobillico, qui compte 6000 employeurs et près de 650 000 candidats dans son réseau, veut se tailler une place au Canada anglais après avoir conquis le Québec.

Pour l’aider à atteindre ce but, Jobillico a conclu avec succès une ronde de financement de 8 M$ grâce à une participation de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) et d’investisseurs privés. Selon son président et cofondateur, Nicolas Chabot, les changements liés au marché de l’emploi sont similaires d’un bout à l’autre du pays.

Comment avez-vous eu l’idée de fonder Jobillico ?

«J’ai lancé ma première entreprise de traitement de pelouse à 19 ans alors que j’habitais en chambre. En deux mois et demi, j’ai recruté 351 clients à Québec. C’est ainsi que j’ai fait mes premiers pas dans les affaires. Chercher de l’emploi, je connaissais ça.»

Quelles sont les nouvelles réalités du marché du travail ?

«Il y a moins de monde en recherche d’emploi. Aujourd’hui, les entreprises doivent se présenter sous leur meilleur jour pour attirer des candidats. Les chercheurs magasinent. Ils ont le choix d’aller travailler où ils veulent.»

Vous avez ouvert un bureau à Toronto. Est-ce que le défi y est différent ?

«Ce sont les mêmes problèmes. C’est universel. Notre expansion au Québec repose sur notre capacité à bien lire le marché et à comprendre les réalités de notre clientèle. Notre approche reste la même.»

Comment aider les jeunes à faire les bons choix de carrière ?

«C’est important de bien se connaître. Le meilleur conseil que je peux donner, c’est écouter sa petite voix intérieure. Elle ne ment pas, celle-là. Il y a beaucoup de façons de se découvrir, que ce soit à l’aide de capsules d’information sur le web, d’articles ou de tests pour s’aider à se connaître.»

Est-ce que la stabilité revêt une importance aux yeux des jeunes chercheurs d’emploi ?

«Ce qu’ils veulent, c’est d’abord et avant tout occuper un poste où ils pourront exprimer leur plein potentiel. Performer dans leurs forces, atteindre leurs buts et développer leur carrière, c’est ça qu’ils veulent. Si l’employeur trouve le moyen de nourrir cette dynamique, l’employé ne cherchera pas à partir.»

Dans le contexte actuel, comment favoriser la rétention de main-d’œuvre ?

«Avant, c’étaient les entreprises qui avaient le gros bout du bâton. Maintenant, les travailleurs ont la possibilité d’aller où ils veulent. C’est ça, la réalité! C’est aux entreprises à s’adapter et à faire en sorte que les employés se sentent heureux. Parfois, ça peut être aussi simple que d’offrir des horaires flexibles.»

Quels sont les commentaires que vous entendez le plus souvent de la part des employeurs ?

«Les entreprises parlent beaucoup de pénurie de main-d’œuvre. C’est souvent difficile pour certains postes plus spécialisés. Les employeurs n’ont pas toujours les ressources nécessaires à l’interne pour dénicher le candidat qui correspond au profil recherché. C’est là qu’on peut aider.»

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

«L’Ontario reste notre priorité nº 1. Nous avons des clients qui ont des succursales dans l’Ouest canadien qui utilisent déjà nos services. De Toronto à Vancouver, ça va être naturel pour nous. On se concentre sur le Canada pour les cinq prochaines années. On vise à ouvrir au moins un autre bureau. On est en constante analyse à ce propos.»

Qui est-il ?

Le parcours de Nicolas Chabot, 32 ans, président et cofondateur de Jobillico, sort de l’ordinaire. Parachuté sur le marché du travail à 17 ans, avec un secondaire V en poche, il a vite réalisé que la recherche d’emploi n’était pas une sinécure. Il a roulé  sa bosse dans des usines, à faire le ménage la nuit, avant de réaliser qu’il était en train de ruiner son potentiel. En 2007, il a cofondé Jobillico à Québec avec son associé, Serge Lavallée.