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Vin blanc québécois qui peut vieillir, ça existe?

Vin blanc québécois qui peut vieillir, ça existe?

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Ce n’est pas une surprise. Je l’ai souvent dit: on pourrait qualifier la qualité des vins secs québécois, au-delà de leur singularité folklorique qui peut les rendre « originaux », comment étant... de base. Et je reste poli.  Il n’y a pas que du mauvais, loin de là. On trouve des trucs intéressants par des domaines qui bossent bien et fort. Il n’en reste pas moins que beaucoup de vins québécois restent approximatifs avec ce côté rustique qui fait qu’il faut avoir la foi en eux pour les aimer. Il leur manque souvent ce côté tendre, coulant et harmonieux qui fait qu’on a envie d’en boire plus d’un verre. Mais je vais me garder de trop généraliser, car, comme je le mentionnais au départ, on trouve des vins qui méritent d’être soulignés.

Comme cette cuvée Charlotte 2008 du Domaine Les Bromes, dans les Cantons de l’Est. Léon Courville fait partie des premiers « fous » à avoir planté de la vigne au Québec. Il s’agit d’un assemblage de seyval et de geisenheim, deux cépages hybrides, c’est-à-dire une variété de raisin issue de croisements afin de résister au frette de notre belle province.

Or, après presque huit ans de bouteille, le vin a de quoi surprendre!  Moi le premier, je me suis amusé à prendre les copains à l’aveugle. Dès le départ, on découvre un profil qu’on pourrait dire alsacien. Les origines allemandes du geisenheim y sont probablement pour quelque chose. Des tonalités de poire asiatique, de litchis, d’anis et de lavande avec un fond épicé qui vient probablement du bois et qui pimente fort bien l’ensemble. Tout ça avec beaucoup de fraîcheur. Notamment à la robe qui affiche de l’éclat malgré son ton jaune pâle aux reflets gris. Ce n’est pas complexe, mais harmonieux et soigné. On est surpris en bouche par la chair encore tendre du vin. Une acidité plutôt relevée, ni grimaçante, ni élégante, mais qui participe à l’impression de densité. Assez long en finale et, surtout, sapide. L’envie, justement, d’en prendre un autre verre!

Autrement dit, une belle surprise et la preuve que l’on peut trouver des vins intéressants chez nous. Je me rends compte, d’ailleurs, que j’ai intérêt à aller à la rencontre de nos vignerons afin de me faire une nouvelle tête sur leurs vins. Un projet pour la belle saison dont je rendrai compte ici et dans les pages du Journal. À suivre...