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Comme au chalet

Comme au chalet
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En lisant le passionnant dossier sur le stress que Le Journal a publié cette semaine, une idée m’est passée par la tête...

Pourquoi on ne vit pas comme si on habitait un chalet?

La vrai vie

Pensez-y.

Au chalet, on s’en fout de ne pas avoir la télé ou internet. Et si on a une télé, ce n’est pas une 78 pouces écran plat HD 3D.

On porte des vêtements confortables qui sont passés de mode depuis dix ans.

On vit dans des meubles usagés.

Et on limite notre consommation au minimum.

On marche, on lit, on fait des feux, on joue à des jeux de société avec les enfants et on est heureux.

Bref, la vie simple. La vraie vie.

Sans textos ni amis Facebook.

Pas étonnant qu’on se sente bien quand on quitte la ville et qu’on se dirige vers le chalet. On fuit le cirque. On quitte l’asile.

On sait que pendant deux jours, on va relaxer.

Pourquoi on ne vit pas comme ça tous les jours?

Personne ne nous oblige à mener une vie de fou en courant du matin jusqu’au soir et en remplissant notre carte de crédit au max. C’est nous qui nous imposons ça.

On est comme des prisonniers qui ont la clé de leur cellule dans leur poche, mais qui ne s’enfuient pas. On habite une prison qu’on s’est construite nous-mêmes.

Nous sommes nos propres geôliers.

Sommes-nous obligés d’acquérir les dernières bébelles à la mode? Pourquoi acheter un iPhone 6 quand ton iPhone 1 fonctionne et fait la job?

On s’en fout, de l’écran Retina HD Multi-Touch paronamique de 4,7 pouces rétroéclairé par DEL avec la technologie IPS, de la définition de 1334 X 750 pixels, du revêtement d’écran oléophobe résistant aux traces de doigts et de la stabilisation optique de l’image!

Quand t’es au chalet, t’as un vieux téléphone à roulette, et t’es heureux.

Tu n’appelles personne et personne ne t’appelle.

Le gros bonheur sale.

Un hamster dans une cage

Pas étonnant qu’on soit stressé et qu’on colle au plafond.

A-t-on vraiment besoin de connaître les nouvelles avant tout le monde? De savoir quelle température il fait à Kuala Lumpur et qui a remporté les élections au Burundi?

Quand t’es en ville, tu passes ton samedi après-midi chez Costco à pousser un carrosse entre deux rangées de barils de sauce Tabasco.

Quand t’es au chalet, tu te balades dans un sentier et tu regardes les oiseaux. Tiens, il a donc un long cou, lui. Tu as entendu son cri? On dirait les premières notes d’une fugue de Bach.

Le ciel se couvre. On va rentrer et on va se faire une soupe. En écoutant Bach, justement. Sur le vieux tourne-disque.

Pas de cassettes, ni de CD, ni de MP3. Mais des vieux 33 tours qui grichent. Comme une face pleine de rides qui n’a jamais vu une piqûre de Botox.

Un vieux chandail de laine avec des trous aux coudes. Des vieilles godasses.

Une chaise en bois qui craque. Un feu qui crépite.

C’est ça que ça devrait être, la vie.

Mais non. On est trop niaiseux.

On préfère s’essouffler à courir dans une roue comme un hamster dans une cage...