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Benoît Lacroix: il avait à peine 100 ans

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Le père Benoît Lacroix, un des derniers visages bienveillants du vieux catholicisme québécois, est mort mercredi à l’âge de 100 ans. On aurait envie d’écrire: il avait à peine 100 ans. Figure respectée bien au-delà de l’ordre des Dominicains auquel il appartenait, c’était à la fois un savant, familier des grands esprits de son temps, et un fin connaisseur de la religion populaire du peuple québécois, auquel il se sentait intimement attaché.

Passé trouble

Disons-le d’un euphémisme: les Québécois ont un rapport trouble avec leur religion. Ils adhéraient avec autant d’énergie au catholicisme autrefois qu’ils le rejettent aujourd’hui. C’était une religion nationale. Nous sommes désormais une nation antireligieuse. Et pourtant, nous savons bien qu’un peuple ne peut arracher complètement ses racines sans s’appauvrir, s’assécher et se pétrifier.

Benoît Lacroix était le témoin de ce monde qui n’est plus vraiment le nôtre. À la différence de plusieurs, il n’avait pas abandonné la soutane. Non seulement il croyait encore en Dieu, mais il croyait au rôle de l’Église. Il savait les vertus intimes de la spiritualité. Il ne coupait pas cette dernière de la religion, comme le veut la mode aujourd’hui. Benoît Lacroix, sans être enfermé dans le passé, était un témoin vivant de notre tradition religieuse.

Irremplaçable

Pour reprendre les mots de la journaliste Josée Blanchette, c’était l’exemple même de l’homme irremplaçable. On ne voit plus, aujourd’hui, que le chanoine Jacques Grand’Maison pour témoigner des vertus du catholicisme d’hier.

Et pourtant, il faudra prendre le relais, pour éviter de devenir complètement étrangers à notre histoire. Qui prendra le relais? Qui cherchera à garder vivant l’héritage du catholicisme québécois?

Une chose est certaine: l’héritage du catholicisme, malgré la boue qui le recouvre, est un trésor spirituel et historique à recueillir. On pourrait s’y pencher en méditant sur l’œuvre et la vie de Benoît Lacroix.