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Quadruple amputée, peintre et heureuse

Infectée par la bactérie mangeuse de chair, Marie-Sol St-Onge a failli en mourir

Marie-Sol St-Onge
Photo collaboration spéciale, Amélie St-Yves Quatre ans après l’amputation de ses deux bras et de ses deux jambes, une mère de famille de la Mauricie affirme haut et fort être de nouveau heureuse.

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TROIS-RIVIÈRES | Quatre ans après l’amputation de ses deux bras et de ses deux jambes, une mère de famille de la Mauricie affirme haut et fort être de nouveau heureuse. Marie-Sol St-Onge et son conjoint Alin Robert nageaient dans le bonheur avec leurs deux garçons quand la maman a contracté la bactérie mangeuse de chair, en mars 2012. Elle a bien failli mourir, mais a survécu, moyennant l’amputation de ses bras et de ses jambes.

 

Vous faites beaucoup de blagues sur votre page Facebook. Pourtant, votre situation n’est pas évidente. Comment en êtes-vous arrivée à rire de la condition dans laquelle vous êtes ?

On a toujours eu de l’humour, mais très certainement, on l’a découvert encore plus avec la quadruple amputation. Maintenant que ça va mieux, on avait le goût de partager les choses cocasses qui peuvent juste arriver à une quadruple amputée.

Pour la première photo d’Halloween qu’on a prise après les événements, on avait mis du ketchup sur le bout de mon bras. Les gars s’étaient déguisés, un en zombie et l’autre en «Mort». On avait un bras de plastique de Dollorama et on a pris une photo comme s’ils allaient manger mon bras.

Quatre ans après les amputations, avez-vous été en mesure de reprendre votre vie quotidienne presque comme avant ? Arrivez-vous à faire les mêmes tâches ?

Oui, il y a des activités qu’on ne fera plus avec les garçons, c’est sûr, mais on fait d’autres activités. J’assiste à presque tous les matchs de soccer de mes gars! L’été, on est là, beau temps, mauvais temps.

Pour le reste, j’y vais tranquillement. J’ai recommencé à cuisiner. J’ai commencé tranquillement et j’ai pris de l’assurance. C’est sûr qu’il y a des choses pour lesquelles j’ai encore besoin d’aide. Je ne fais pas encore le souper complètement toute seule. Juste un chaudron rempli d’eau bouillante, c’est trop pesant pour mes prothèses.

Même avec les jambes les plus hot, il reste que ce sont tes efforts à toi qui comptent. Ce n’est pas encore un moteur qui marche. C’est ce qui fait que je n’arrive pas toujours à me lever debout encore, si je suis sur un sol qui est le moindrement glissant. Alin va faire le lavage, moi je vais plier le linge. C’est lui qui passe l’aspirateur, c’est évident. Mon conjoint fait toutes les courses. Il y a juste lui qui peut conduire. Je dois aller vers l’avant. Je ne peux pas regarder en arrière, parce que c’est certain que je vais pleurer. Je les voudrais encore, mes bras et mes jambes.

Vous qui êtes une artiste, vous avez recommencé à peindre ?

Oui, mais ça a changé. Je ne peux plus faire des murales grand format, mais j’ai recommencé à peindre de plus petites toiles.

Je suis capable d’être de plus en plus précise, mais je laisse quand même mon pinceau trembler un peu. Ça donne de la personnalité, du caractère à mes toiles.

Maintenant, êtes-vous heureuse ?

Elle est super belle, ma vie. Je suis vraiment heureuse. Il y a toujours des difficultés, mais la vie, est-ce qu’il y a quelqu’un qui l’a parfaite? Je ne pense pas.

C’est ça que j’apprécie, c’est que je suis en vie. J’ai failli mourir. Je m’en allais mourir. J’allais quitter ce monde. Je suis vraiment chanceuse.