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Salades d’hiver à l’université

Ces laitues et fines herbes poussent dans ces tuyaux grâce à de l’eau qui y circule constamment à l’aide d’une pompe.
Photo Hugo Duchaine Ces laitues et fines herbes poussent dans ces tuyaux grâce à de l’eau qui y circule constamment à l’aide d’une pompe.

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De la laitue dans des tuyaux et des pousses dans les fenêtres, rien n’arrête des étudiants de l’UQAM qui cherchent des façons abordables de cultiver toute l’année.

«Il y a un engouement monstre pour une alimentation plus locale, mais aussi moins chère», signale Luis Gomez, coordonnateur du Collectif de recherche en aménagement paysager et agriculture urbaine durable (CRAPAUD).

Le CRAPAUD, formé surtout d’étudiants, fait pousser des laitues et des fines herbes dans un système hydroponique à base de tuyaux.

Une pompe y fait circuler l’eau, ce qui permet aux légumes de grandir sans jamais avoir à les mettre en terre.

«C’est un système qui peut être installé partout, peu importe la longueur des tuyaux, à l’horizontale comme à la verticale», explique M. Gomez.

Ça pousse vite

Même si le CRAPAUD a testé ce système et sait qu’il fonctionne, il doit pour l’instant laisser ses tuyaux en serre, car l’UQAM ne veut pas qu’il en installe dans les corridors ou les salles de classe.

Des membres du CRAPAUD montrent leurs barquettes de micropousses prêtes à être récoltées en seulement quelques jours.
Photo Hugo Duchaine
Des membres du CRAPAUD montrent leurs barquettes de micropousses prêtes à être récoltées en seulement quelques jours.

Autre succès du CRAPAUD, les micropousses. Il s’agit de semences de légumes récoltées après quelques jours pour les feuilles et les tiges.

«Il faut au moins deux mois en terre à un radis avant de pouvoir être récolté, alors que nos pousses de radis sont prêtes en cinq jours», souligne Luis Gomez.

Faciles à cultiver, les barquettes de micropousses peuvent être laissées à la fenêtre afin d’avoir un peu de soleil et le tour est joué.

Comme la récolte est rapide, le CRAPAUD a commencé à vendre cet hiver une vingtaine de sacs de 100 g de micropousses.

«Nous vendons nos sacs 3 $, alors qu’en épicerie il faut souvent payer 5 $ pour la même quantité ou moins», dit-il.

L’argent amassé sert à payer certains frais, comme l’achat de graines. Une partie de la récolte est aussi remise à la banque alimentaire de l’UQAM.

Les étudiants s’arrachent les sacs de micropousses, qui s’envolent comme des petits pains chauds, selon Luis Gomez. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à vouloir en faire pousser eux-mêmes.

«Nos membres n’en reviennent pas», soutient le coordonnateur au sujet de la rapidité et de la facilité de cultiver les micropousses.

«Au début, plusieurs ne pensaient qu’à la luzerne comme micropousse, mais il y a le tournesol, la moutarde, le sarrasin, le chou», énumère M. Gomez, qui ajoute que ces petites pousses peuvent s’ajouter à une salade ou à une soupe.

Légumes trop chers

Selon lui, l’intérêt grandissant pour l’agriculture à petite échelle est directement lié à la hausse constante du prix des aliments.

«Les gens se rendent compte qu’un jardin est rentable et ceux qui ne peuvent pas en avoir s’intéressent aux autres méthodes qui existent», affirme Luis Gomez.

C’est pourquoi, selon lui, des techniques comme le window farming, qui consiste à transformer sa fenêtre en véritable jardin pour profiter du soleil, sont aussi populaires en ce moment.

Sans compter, dit-il, que tout ce qu’on fait pousser soi-même est plus frais, biologique et sans aucun pesticide.

 

Elle jardine jusqu’en janvier

Découragée par le prix de plus en plus élevé des légumes, une Montréalaise fait pousser ses propres légumes pendant presque toute l’année grâce à des boîtes en cèdre et des toiles en plastique.

Christine Luckie a, entre autres, fait pousser du chou frisé jusqu’en janvier dans ses boîtes en cèdre.
Photo Hugo Duchaine
Christine Luckie a, entre autres, fait pousser du chou frisé jusqu’en janvier dans ses boîtes en cèdre.

«Les légumes goûtent meilleur après un gel, ils sont plus sucrés, plus tendres», assure Christine Luckie, fondatrice du Réseau de jardinage du Sud-Ouest.

Grâce à deux boîtes en cèdre sans fond munies d’un couvercle en plastique, elle a réussi à faire pousser du chou frisé, des épinards, de la roquette et plusieurs fines herbes jusqu’en plein mois de janvier.

Cinq degrés de plus

Elle a aussi recouvert d’une toile en plastique un petit corridor de terre. Grâce à ses installations, elle peut gagner jusqu’à 5 °C de plus que la température extérieure sans devoir chauffer une serre.

«J’ai servi mon souper du réveillon de Noël avec des légumes frais de mon jardin», souligne Mme Luckie. «On peut même récolter des carottes ou des oignons verts gelés sans problème», remarque-t-elle.

Les grandes quantités de neige et le mercure à la baisse des dernières semaines ont forcé Mme Luckie à mettre son jardin en veilleuse. Cependant, elle entend recommencer à récolter des légumes très bientôt.

Plus facile l’hiver

Jardiner l’hiver est même plus simple, selon Christine Luckie. «Il y a moins de mauvaises herbes et moins d’insectes qui viennent nous nuire», souligne-t-elle.

Si, il y a quelques années, elle sortait de l’ordinaire en jardinant jusqu’en janvier, elle remarque de plus en plus d’intérêt aujourd’hui.

«Des gens m’écrivent pour des conseils, car eux aussi veulent avoir des légumes frais plus longtemps et, surtout, pour moins cher», explique-t-elle.

Après plusieurs essais et erreurs, Christine Luckie connaît bien la résistance au froid du chou frisé, des épinards, de la bette à carde, des carottes et des radis, et elle sait qu’elle doit à tout prix éviter la laitue.

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