/news/currentevents
Navigation

Djihadiste montréalais arrêté en Turquie près de la Syrie en 2013

Merouane Ghalmi
Photo courtoisie fightworld.tv et dominick latour Mérouane Ghalmi

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL - Le kickboxeur montréalais Mérouane Ghalmi a été arrêté par la police en Turquie en 2013, près de la frontière de la Syrie, et ce, à la demande du père du jeune djihadiste radicalisé, selon des documents judiciaires rendus publics mercredi.

M. Ghalmi aurait quitté la résidence familiale de Pierrefonds, sans la permission de son père, et aurait passé par Kuala Lampur en Malaisie pour ensuite voyager en Turquie, montrent les documents.

En Turquie, il s’apprêtait à rejoindre un ami canadien blessé dans les combats djihadistes en Syrie, soit le terroriste montréalais Sami Elabi, selon les documents.

Toutefois, Ghalmi nie qu’il voulait lui-même rejoindre un des deux groupes de terroristes en Syrie, soit le Front al-Nosra ou l’État islamique.

Un membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) affecté à l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale à Montréal, a présenté ces informations dans un affidavit assermenté à la cour.

Sa déclaration assermentée a servi à exécuter un mandat de perquisition à la résidence Ghalmi le 15 mai dernier à Pierrefonds. Chez les Ghalmi, la GRC a saisi deux ordinateurs appartenant à la famille.

M. Ghalmi ne fait face à aucune accusation criminelle.

En 2015, il a tout de même signé une entente avec un procureur fédéral en vertu de l’article 810 du Code criminel dans lequel il s’engage à garder la paix pour 12 mois. Il fait l'objet d'une enquête, affirme l’enquêteur, «pour avoir quitté le pays dans le but de participer à des activités terroristes».

Le contenu de ces documents, qui sont demeurés sous scellés depuis mai dernier, a été rendu public à la suite de la demande des avocats de MédiaQMI et d’autres médias montréalais.

Notre Bureau d’enquête a révélé en janvier que Sami Elabi a tenté de recruter Ghalmi pour donner des cours de combats à mains nues aux membres du Front al-Nosra, mais Ghalmi ne s’est jamais finalement rendu en Syrie.

La GRC affirme que Ghalmi a montré plusieurs signes de radicalisation, incluant ne plus fréquenter des filles, ne pas boire d’alcool et visionner des photos et des vidéos djihadistes, dont certaines montraient «le visage de personnes mortes».

 

Ce que la police a trouvé dans le lave-vaisselle

Les enquêteurs de sécurité nationale de la GRC ont révélé, dans des documents judiciaires qu’ils ont retrouvés et saisis, 14 articles de journaux différents liés à des attentats.

Ces articles étaient entreposés dans le lave-vaisselle de l’appartement de la famille de Mérouane Ghalmi.

Les reportages portaient notamment sur l’attentat perpétré par Martin Couture-Rouleau à Saint-Jean-sur-Richelieu, l’attentat contre la revue française Charlie Hebdo, la décapitation d’otages américain et français, des actes et la mort de combattants islamiques, les conflits en Irak, le djihadiste canadien John Maguire tué en Syrie et des opérations du groupe armé État islamique.

La GRC n’a pas dit qui aurait mis ces articles dans le lave-vaisselle ni pourquoi.