/misc
Navigation

Nos sociétés d’État ont faim

Coup d'oeil sur cet article

Hydro-Québec, Loto-Québec et la Société des alcools du Québec (SAQ) n’ont jamais été aussi affamées.

La semaine prochaine, elles recevront lors du dépôt à Québec du budget du ministre des Finances, Carlos Letiao, leurs cibles financières à atteindre pour la prochaine année. Et vous savez quoi? Le gouvernement en redemandera parce que lui aussi il a très faim.

C’est comme cela depuis des années. Lors de la présentation du budget provincial, on constate que Québec en demande toujours davantage à ses vaches à lait.

L’an dernier, Hydro-Québec, Loto-Québec et la SAQ ont généré beaucoup de fric. Les trois monopoles d’État ont engrangé plus de 20 milliards $ de revenus.

Et leurs marges bénéficiaires n’ont jamais été aussi élevées. Sur les 20 milliards $ de revenus, le «power trio» du gouvernement a encaissé 5,2 milliards $ de profits, soit une marge bénéficiaire nette de 26 %. Wow!

Profits nets de 36 %

Laquelle de nos sociétés d’État est la plus performante? Il faut dire que la SAQ se surpasse avec sa marge de profits nets de 36 % comme elle l’indiquait lors du dévoilement des résultats de son dernier trimestre.

Pensez-y! Chaque fois que vous allez à la SAQ et que vous achetez une bouteille de vin, le profit net est de 36 %. Du jamais-vu dans le secteur du commerce au détail.

Il faut dire que la SAQ est un monopole d’État qui évolue sans concurrence et sans gêne. Elle fait ce qu’elle veut avec les produits qu’elle veut en les revendant aux prix qu’elle veut.

Que ses clients soient ridiculisés en achetant des produits offerts à des prix démesurés dans ses magasins, la SAQ n’en a rien à cirer. Elle répond à une commande. Point.

Résultat: les taux de majoration, de taxes et de droits de douane sur les vins vendus au Québec avoisinent les 300 %. Une bouteille payée 5,44 $ à un producteur (transport inclus) est revendue à 16,20 $.

Dans ce contexte, est-ce que la SAQ peut être plus rentable? Affirmatif, répond une source gouvernementale. Comment? En haussant davantage les taxes sur l’alcool et en haussant également les taux de majoration.

Hydro et Loto-Québec

Chez Hydro-Québec, on assiste à une autre paire de manches. Le prix de l’électricité est encadré par la Régie de l’énergie.

Autrement dit, Hydro-Québec ne peut vendre son électricité aux Québécois au prix qu’elle le veut comme la SAQ le fait avec son vin.

En 2015, Hydro-Québec a déclaré des profits de 3,15 milliards $ sur des revenus de 13,8 milliards $. Marge bénéficiaire nette: un «maigre» 23 %.

Or, pour faire davantage d’argent au Québec au cours des prochaines années, Hydro-Québec devra augmenter ses tarifs. Hydro-Québec explore actuellement la possibilité d’augmenter ses tarifs selon différents paliers de consommation. Les gros consommateurs vont y goûter.

Hydro-Québec parle aussi d’aller investir à l’étranger en procédant à des acquisitions hors Québec.

D’ici 15 ans, Hydro-Québec souhaite doubler ses revenus, à 27 milliards $.

Ce qui nous amène à Loto-Québec, dont les profits ont chuté ces dernières années. L’an dernier, les profits ont atteint 1,1 milliard $ sur des revenus de 3,3 milliards $. Marge bénéficiaire nette: 33 %.

Pour augmenter ses revenus, Loto-Québec vise maintenant à bloquer plus de 2200 sites de jeux d’argent en ligne accessibles au Québec.

Le projet de loi 74 du gouvernement lui permettra de signer des ententes payantes avec les sites jugés illégaux afin de les rendre légaux.

Actuellement, ces sites de jeux en ligne génèrent 200 millions $ de revenus chaque année au Québec. Et le gouvernement entend tout faire pour mettre la main dessus.