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Les braises de nouveaux électeurs

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Mauvaise semaine pour la liberté d’expression au Québec.

Une odeur de rectitude a empesté l’Assemblée nationale. Le gouvernement veut hausser radicalement les seuils d’immigration de 10 000 immigrants de plus par année (de 50 000 à 60 000).

Pourtant, pas moyen pour la CAQ et le PQ de poser des questions sur la francisation et les valeurs québécoises sans se faire intimider. Questionner cette augmentation radicale de l’immigration imposée par le gouvernement libéral, c’est «souffler sur les braises de l’intolérance», selon le premier ministre!

Ça confirme que le multiculturalisme a bel et bien été érigé au statut de religion civique et que le Parti libéral est devenu le gardien de la mieux pensance. Une remise en question, ne serait-ce même qu’un début de semblant d’amorce d’interrogation, et les accusations pleuvent!

LIBÉRONS LA PAROLE

Mais je persiste: il faut refuser de se taire! Il faut crier, libérer la parole.

L’économiste Pierre Fortin l’a fait jeudi en déclarant que «les perturbations politiques et sociales qui frappent présentement l’Europe, où le taux d’immigration est même inférieur à celui du Québec, prouvent que ce danger n’est pas imaginaire dans une société qui a mal géré son immigration et sa diversité».

Des élus sont trop intimidés pour le dire? Osons, et pourquoi pas poser LA question: en haussant le niveau d’immigration, le PLQ veut-il augmenter son emprise sur le pouvoir? Ce n’est pas moi qui le suppose, ce sont Benoit Dubreuil et Guillaume Marois, respectivement philosophe et démographe, auteurs du livre Le remède imaginaire, publié il y a cinq ans à peine aux éditions Boréal.

«Malgré la francisation relative de l’immigration, l’appui au Parti libéral du Québec demeure proportionnellement plus fort chez les immigrants que chez les natifs.

«Le gouvernement a donc un intérêt objectif à faire diminuer la part relative des natifs dans la population.»

Oui, le plan «Mon projet Québec» de prioriser les immigrants économiques n’est pas une vilaine idée en soi, mais ces deux auteurs nous incitent à délaisser l’angélisme.

Sur le plan numérique, le Parti libéral a annoncé une extension de sa clientèle réduisant du même coup le poids électoral des francophones. Une attaque directe contre la CAQ et le PQ, qui se divisent cette clientèle.

IMMIGRANTS ET AIDE SOCIALE

Il ne faudrait pas non plus soulever que le Québec se démarque par son fiasco dans l’intégration des immigrants.

Soixante-onze pour cent des immigrants ne suivent pas de formation en français et 80 % ne suivent pas de cours de connaissance des valeurs québécoises.

Un autre pavé? L’immigrant et l’aide sociale. Selon le ministère de la Solidarité sociale, 18,2 % de tous les prestataires d’aide de dernier recours sont nés hors du Canada.

En janvier 2016, il y avait 49 004 prestataires immigrants qui recevaient un chèque depuis cinq ans et plus! Et combien depuis plus de 10 ans? 22 236!

Dire que 6562 d’entre eux ont un diplôme universitaire...

Sous le manteau de la mieux pensance multiculturelle, la stratégie libérale se présente avec la parure de la survivance du français et de la relance économique.

Le musèlement des voix qui s’élèvent nous amène à être fortement sceptiques sur les intentions gouvernementales.

Il semble désormais évident: le premier ministre souffle à pleins poumons sur les braises de sa propre base électorale.