/entertainment/comedy
Navigation

Anthony Kavanagh, un «Showman» à Paris

Anthony Kavanagh, un «Showman» à Paris
PHOTO Agence QMI, PATRICK FOUQUE

Coup d'oeil sur cet article

PARIS |  Pour sa première représentation au Casino de Paris, l’humoriste Anthony Kavanagh a séduit le public parisien, mardi soir.

Depuis plus de quinze ans, entre Anthony Kavanagh et la France c'est une grande histoire d'amour. Le public a suivi Anthony, spectacle après spectacle, lui permettant de se faire un nom dans l'univers surpeuplé – et parfois impitoyable - des humoristes.

Cette fois-ci, après un long moment d'absence, il revient sur scène pour cinq dates au Casino de Paris avec son dernier né, «Showman», un spectacle où il se livre plus que jamais, en toute sincérité.

À quelques minutes du début du show, Anthony l'a avoué: «il est fébrile». Il est 20h45. Le Casino de Paris affiche presque complet. Musique à fond, veste rouge du plus bel effet, Anthony fait son entrée. Le «showman» s'installe dans l'arène et compte bien ne laisser aucun temps mort.

Avant toute chose, il faut expliquer le concept un brin loufoque du spectacle: Anthony est mort, la salle s'apprête à descendre sur terre... alors il revient sur sa vie et explique les règles. Le public est étonné, mais le voilà embarqué dans une aventure hors normes, pour ne pas dire inédite.

Humour, folie, tristesse, amour... À cent à l'heure, comme toujours, Anthony trace le fil rouge, donne les ingrédients d'un parfait one man show: un peu de méchanceté, un brin de bilinguisme, un zeste de sexisme... Sans oublier une cible dans le public.

Les minutes filent. Anthony retrace son parcours. Des anecdotes souvent hilarantes. Comme ce moment avec René Angélil, en 1995, lors de la première partie de Céline Dion à Paris Bercy.

René lui explique alors avec calme: «le public ne sait pas que tu joues avant Céline, bon courage». Mais Anthony montre aussi dans ce spectacle un visage plus personnel. Plus intimiste. Il confie avec tendresse au sujet de son fils Mathis que c'est lui «qui lui apprend à être papa».

Il évoque également ses jeunes années au Québec et ses parents décédés tous les deux lorsqu'il était plus jeune. En effet, le monde d'Anthony «s'est effondré» lorsque sa mère est morte alors qu'il n'avait que 26 ans. Vous l'aurez compris, dans «Showman», l'humoriste se risque à l'émotion, laisse place au vrai Anthony Kavanagh.

Pour preuve, les yeux levés au ciel, il entonne même «It's hard to say goodbye», la chanson qu'il a chantée le jour de l'enterrement de sa mère. Pour autant, «Showman» réserve son lot de surprises.

Anthony se joue des clichés sur les hommes et les femmes, provoque une guerre des sexes en plein Casino de Paris, s'amuse de son expérience dans «Danse avec les stars», ou encore incarne Prosper un avocat à l'accent des îles irrésistible.

Après plus de 1 h 30 sur scène, Anthony a terminé sa leçon. Et s'est mis à nu. Rares sont les artistes à se dévoiler autant dans un spectacle.

Même si le spectacle n'est pas exempt de défauts, notamment un manque de rythme, des sketches inégaux et un concept qu'on a encore du mal à comprendre, Anthony est convaincant, plus mature dans l'écriture, et surtout prend de vrais risques. Sont-ils payants ?

À la fin du spectacle, le public est debout. L'humoriste est visiblement ému. «Sans vous, Showman n'existerait pas».

Il termine sur ces mots: «Cette ville m'a adopté. Jouer ici est toujours un plaisir, un immense bonheur. Merci pour tout Paris».