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Réforme des commissions scolaires: le projet de loi 86 inutile et nuisible, selon un expert

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La réforme des commissions scolaires, prévue dans le projet de loi 86, est inutile et même nuisible à la réussite des élèves, affirme un expert. D’autres solutions doivent être adoptées afin d’éviter de gaspiller «des milliards de dollars» en finançant des mesures inefficaces, ajoute-t-il.

«La dernière chose dont on a besoin, c’est d’une énième réforme de structures qui ne répond à aucune demande», affirme sans détour Julien Prud’Homme, professeur associé à l’UQAM et spécialiste de l’histoire de l’éducation, en entrevue au Journal.

Cet expert, qui présentera sa position sur le projet de loi 86 en commission parlementaire mercredi, considère que cette réforme ne permettra pas d’améliorer la réussite des élèves. Pire, le projet de loi pourrait même aggraver la situation.

Pouvoir discrétionnaire

Cette réforme «va empirer les choses», affirme-t-il, puisque le ministre de l’Éducation aura un pouvoir discrétionnaire plus grand qui s’exercera «à la pièce», ce qui diminuera l’action coordonnée du réseau. Or les acteurs du milieu déplorent depuis des années un manque de vision et de cohérence à ce chapitre, explique-t-il.

De plus, donner davantage de pouvoir aux directions d’écoles dans la redistribution des sommes d’argent mènera à «du tirage de couvertes» et à «une foire d’empoignes» qui risque de causer des inégalités d’une école à l’autre, ajoute-t-il.

«Gaspillage» de fonds publics

Pour en finir une fois pour toute avec le manque de cohérence et «l’improvisation» en éducation, M. Prud’Homme estime qu’il faut plutôt créer un institut national en éducation, un organisme indépendant qui servirait à évaluer quelles sont les meilleures pratiques à mettre en place, selon l’état de la recherche en éducation.

Cette proposition, mise de l’avant par un groupe d’universitaires dont fait partie M. Prud’Homme, a été présentée récemment au gouvernement Couillard.

Cet institut permettrait d’éviter «un gaspillage de milliards de dollars» consacrés à des mesures dont l’inefficacité a été démontrée par la recherche, explique cet expert.

La réforme pédagogique en est un parfait exemple, précise-t-il, tout comme le «véritable scandale» des tableaux blancs interactifs.

«Oui, le milieu de l’éducation souffre des coupes, mais il souffre aussi beaucoup de l’improvisation qui a mené au gaspillage des ressources. Ce n’est pas un gaspillage ponctuel de gens qui se paient des congrès à 300$. On parle de gaspillage de milliards de dollars», affirme Julien Prud’Homme.

Mesures inefficaces en éducation, selon la recherche scientifique sur le sujet

  • La réforme (rebaptisée renouveau pédagogique)
  • Le programme d’aide aux devoirs
  • Les tableaux blancs interactifs
  • La réduction du nombre d’élèves par classe à partir de la 3e année du primaire