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André Montpetit, l’insoumis

Sur les traces d’Arthur
Le film sera présent dans le cadre du 
FBDFQ le samedi 16 avril à 13 h 
au Musée de la civilisation
photo courtoisie Sur les traces d’Arthur Le film sera présent dans le cadre du FBDFQ le samedi 16 avril à 13 h  au Musée de la civilisation

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L’excellent documentaire Sur les traces d’Arthur, du cinéaste Saël Lacroix, réhabilite de belle manière un pan incontournable de l’histoire du 9e art québécois et d’un de ses illustres génies.

Au cœur de la Révolution tranquille et de Mai 68 est né le groupe Chiendent. Malgré sa brève existence, il engendra ce qu’on a appelé «le printemps de la bande dessinée québécoise». Composé de Claude Haeffely, Marc-Antoine Nadeau, Michel Fortier et André Montpetit, le collectif jeta les bases d’une révolution éditoriale et artistique qui provoqua une nécessaire réinvention du médium. La méconnaissance de cette période charnière – la seule, d’ailleurs, où la bande dessinée ­locale côtoya étroitement d’autres disciplines artistiques – est en grande partie due à la modeste production de planches, à sa diffusion éparpillée, mais aussi au fait qu’aucun ­artisan de l’époque, sauf Réal Godbout (Red Ketchup, Michel Risque, L’Amérique ou le disparu, Avant l’Apocalypse), n’est actif ­aujourd’hui.

André Montpetit

Le réalisateur Saël Lacroix, qui entra en contact avec l’électrisante production du ­surdoué André Montpetit alors qu’il avait ­environ 15 ans par l’entremise de son père, l’artiste Richard Lacroix, fut habité par ­l’incandescente beauté des planches de Montpetit. C’est d’ailleurs l’affiche Vive Dieu! de Montpetit qui trônait sur un mur de sa chambre d’ado et non celles, circonstancielles, de Pink Floyd ou de Metallica. «L’idée de ce film m’est venue à la sortie d’un projet, en 2009. Je sentais qu’il y avait là une histoire intéressante à raconter.»

De loin l’artiste le plus fertile et éloquent de la bande – considéré à juste titre comme un maître par ses pairs –, Montpetit jouit d’une large visibilité, notamment avec la publication des cinq magistrales planches doubles dans Perspectives, un supplément dominical du quotidien La Presse. Il disparut pourtant mystérieusement des écrans radars à la fin des années 1970, ce qui rendit, à n’en point douter, la tâche difficile pour le cinéaste. Il réussit cependant – coup extraordinaire du destin – à retrouver Montpetit quelques semai­nes avant son décès et il l’a accompagné jusqu’à son dernier souffle. Ce génie du dessin, qui avait posé ses pinceaux quatre ­décennies plus tôt, refusa d’être enregistré d’une quelconque manière. C’est donc par le truchement de sublimes animations, mais aussi par ses œuvres pour la première fois ­intégralement réunie, qu’il prend vit.

De la stature d’un Fred de l’époque Hara-Kiri, Montpetit aurait pu briller à l’international. Il en avait incontestablement le talent. Distant et sauvage de nature, l’insou­mis ­préféra se consacrer entièrement et frénétiquement à son art.

Lacroix braque ainsi de belle manière les projecteurs sur un génie depuis trop longtemps confiné à l’ombre. L’art de Montpetit ne caresse pas seulement nos rétines, il ­imprègne à jamais nos âmes.

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