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Les Jeux plutôt que la LNH?

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C’est une surprise et ça ne l’est pas en même temps. Depuis que Marcel Aubut se fait discret, plus personne ne parlait d’olympisme à Québec.

Cela dit, quand on a indiqué qu’on procéderait jeudi à une annonce concernant un événement sportif d’envergure, il devenait évident que Régis Labeaume ne convoquait pas les médias pour donner son appui à l’International de pétanque du Vieux-Limoilou.

Le maire était bien préparé. Son allocution, méthodique, avait été rédigée en anticipant les critiques et les questions que la nouvelle allait engendrer.

Politesse et prudence

Clairvoyant, Régis Labeaume avait prédit que le CIO contacterait un jour Québec pour susciter une candidature. Il y a des limites au gigantisme, poussé à l’extrême par Vladimir Poutine. Dans un tel contexte, la Ville ne pouvait donc pas repousser cette main tendue. Écouter Thomas Bach relève de la plus élémentaire des politesses. Néanmoins, le maire a raison de fixer des conditions avant de lancer la machine. La prudence est nécessaire au moment d’envisager un projet qui se réaliserait vraisemblablement sous un de ses successeurs.

Une occasion

Tenir les Jeux olympiques est extrêmement coûteux. Si le CIO est sérieux, toutefois, dans sa volonté d’en réduire considérablement les coûts, il faut bien admettre qu’aucune autre activité ne pourrait procurer à Québec autant de notoriété et de prestige. Certainement pas la venue d’une équipe de la LNH.

Tout est là, donc, dans le respect des contraintes financières, l’implication des gouvernements et l’acceptabilité sociale pour savoir si l’occasion vaut la peine d’être saisie.

Parce qu’elle est réelle. Le président d’une organisation prestigieuse (et prétentieuse) comme le CIO n’invite pas un élu simplement pour prendre le thé.

Si Thomas Bach voit réellement dans les remparts enneigés de Québec la possibilité de recréer un rêve hivernal modeste à la Lillehammer, le Comité olympique canadien aurait un peu l’air fou de lui tourner le dos.

Les non-dits

Dans une annonce comme celle-ci, il y a aussi des non-dits. Peut-on croire, par exemple, que Régis Labeaume envisagerait sérieusement de rallumer la flamme olympique si cela signifiait encore de devoir partager la scène avec Marcel Aubut? Ce n’est pas faire preuve de mauvaise foi extrême que d’en douter. Pourrait-on voir, également, dans l’élaboration d’une candidature, un signe que la LNH s’éloigne de la capitale? Ramener les Nordiques demeure officiellement la priorité de la Ville et certainement celle des citoyens de Québec. Avec la faiblesse du dollar canadien, on commence à se demander s’il serait temps de penser à de nouveaux projets.

Encore que des rumeurs laissaient entendre cette semaine que Québec pourrait profiter d’un déménagement. La Ligue devra accepter l’évidence. Certains marchés ne seront jamais propices au hockey. Une autre organisation arrogante qui se rend compte que ses idées de grandeur ont des limites? Il y a peut-être plus en commun qu’on le croit entre les Olympiques et le retour des Nordiques...