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Jian Ghomeshi: le verdict

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Jugé coupable par le tribunal populaire, Jian Ghomeshi a été reconnu non coupable de tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui. À la suite du verdict, l’indignation des internautes et des groupes de femmes n’a pas tardé à se faire entendre.

Dénonciation publique

Il y a un an, son arrestation a enclenché une vague de dénonciation sur les médias sociaux sous le mot-clic #agression non dénoncée. Ce fut une libération pour plusieurs femmes qui avaient gardé le silence sur leurs agressions.

L’ampleur du phénomène, la diversité des dénonciatrices et la gravité des gestes alors exposés ont permis de lancer une discussion, plus que néces­saire, sur la banalisation des agressions sexuelles. Cela a brisé quelques mythes. Notamment, que le portrait type de l’agresseur n’est pas un homme avec un chandail noir, sortant d’un buisson, vous attrapant par-derrière alors que vous rentrez tranquillement à pied chez vous. En fait, c’est souvent un ami, un collègue, un membre de la famille, votre amoureux. Quelqu’un en qui vous avez confiance. Quelqu’un que vous côtoyez quotidiennement.

Victimes contradictoires

Il est vrai que le verdict n’est pas surprenant pour ceux qui ont suivi le procès de près. Il fallait voir à quel point les victimes avaient mal été préparées. Elles ont omis de déclarer certains faits, comme l’envoi de courriels à Ghomeshi après l’agression. Ce faisant, elles se sont placées dans une position difficile.

Les victimes, amoureuses de leur agresseur, ont parfois des comportements contradictoires. Mais la cour est-elle prête à les entendre? Est-elle capable de voir à travers les contradictions? Leur silence n’a pas chassé le doute raisonnable du juge.

Cependant, la faute n’est pas sur elles, mais sur leur préparation. Dans notre système de justice imparfait, nous n’avons malheureusement pas encore compris comment préparer les victimes d’agression pour leur procès et c’est bien là tout le drame.