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Excavation: les entrepreneurs de Québec moins prudents qu’à Montréal

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Les entrepreneurs de Québec semblent prendre plus de risques que ceux de Montréal lorsque vient le temps de creuser dans le sol, alors qu’une vérification de base permettrait d’éviter des bris coûteux aux infrastructures souterraines.

C’est ce que révèlent les statistiques de l’année 2015 publiées mardi par Info-excavation, un organisme formé par les propriétaires d’infrastructures souterraines comme Gaz Métro, Hydro-Québec et les entreprises de télécommunications. Les statistiques font état de cinq bris par jour au Québec.

L’organisme offre un service de vérification gratuit aux entrepreneurs qui prévoient différents travaux comme du pavage ou du terrassement et qui leur permet de repérer ce qui se trouve enfoui dans le sol à l’endroit où ils s’apprêtent à creuser.

Le service semble beaucoup plus utilisé à Montréal qu’à Québec, toutes proportions gardées. Dans la capitale, 46 % des bris rapportés aux infrastructures souterraines sont survenus alors qu’aucune vérification n’avait été faite par l’entrepreneur auprès d’Info-excavation. À Montréal, «on dirait que les entrepreneurs sont plus sensibilisés» puisque cette proportion est seulement de 16 %, note Nathalie Moreau, directrice générale de la prévention chez Info-excavation.

Pourtant, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) exige que les entrepreneurs fassent les vérifications qui s’imposent avant de creuser. Certains codes de profession aussi.

«Les municipalités ont un grand rôle à jouer»

«Les municipalités ont un grand rôle à jouer» puisque qu’une bonne part des bris sont occasionnés par des entrepreneurs qui travaillent pour le compte des villes. Dans ce contexte, Mme Moreau suggère que les municipalités exigent que la vérification soit faite systématiquement par les entrepreneurs qui travaillent pour elles.

Pourtant, cette exigence se trouve déjà dans les devis de la Ville de Québec, assure la porte-parole Wendy Whittom. Elle rappelle qu’il s’agit en premier lieu d’une «responsabilité de l’entrepreneur» de faire les vérifications qui s’imposent, mais que la Ville «rappelle toujours» dans ses devis de contacter Info-excavation.

Mme Moreau émet l’hypothèse que les entrepreneurs qui omettent cette vérification sont possiblement «pressés par les donneurs d’ouvrage».

En 2015, Info-excavation rapporte 89 bris aux infrastructures souterraines à Québec (1100 au Québec), mais dans les faits, le nombre est probablement beaucoup plus élevé puisque les bris ne lui sont pas tous rapportés.

Les conséquences de ces bris ne sont pas anodines quand on pense aux contraintes de circulation, à la pollution, aux évacuations et à la mobilisation des services d’urgence qui pourraient être évités.

Récemment, le bris d’une conduite de gaz a forcé la fermeture du boulevard Hamel pendant des jours. En début de semaine, les citoyens d’une bonne partie de Lévis ont été contraints de faire bouillir leur eau à la suite de la rupture d’une conduite d’eau.

Selon Info-excavation 80 % de ces incidents obligent une interruption du service affecté (eau, gaz, etc.) et 32 % nécessitent un déplacement des services d’urgence.

Le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations évalue les coûts des bris d’infrastructures souterraines à 109 millions $ annuellement.