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«Une nouvelle génération chorégraphique»

ART-OFF BIGICO
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Antoine Turmine, interprète chorégraphe

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La 1ère édition du OFF BIGICO propose au public de découvrir, du 8 au 10 avril, des idées chorégraphiques éclatées de la relève en gigue contemporaine : une gigue actualisée qui s’éloigne de son contexte folklorique d’origine.

Onze créateurs présenteront chacun leur projet, d’une durée moyenne de cinq minutes au Théâtre Aux Écuries, durant trois représentations. Parmi ceux-ci, Antoine Turmine proposera l'idée chorégraphique (re)tracer.

Cet étudiant de 26 ans à la maîtrise en danse à l’UQAM est issu du milieu de la danse folklorique. « Je me suis toujours intéressé aux danses ethniques et ce qui m’a vraiment accroché avec la gigue c’est de pouvoir faire des rythmes avec ses pieds, focuser sur les pieds, c’est fascinant, souligne-t-il. Dans les années 2010, quand je suis rentré au baccalauréat en danse, je suis vraiment rentré dans l’approche contemporaine. »

Le jeune chorégraphe danse avec la compagnie [ZØGMA] et a surtout été interprète jusqu’à présent. Il a pris part aux trois dernières Biennales - festival de gigue contemporaine - organisées par la BIGICO, qui soutient et orchestre le développement de ce mouvement.

Ce premier OFF BIGICO, qui permet à la relève en gigue contemporaine de « s'essayer », constitue « quelque chose qui manquait », d’après Antoine. « J’applaudis ça, ça va permettre au public de voir le projet de l’artiste se construire : tu comprends son évolution, après tu ne te retrouves pas à aller à un show à te dire : “D’où vient son idée? ”. Tu l’as suivi, tu te rends compte d’où ça part. »

Le OFF BIGICO permet selon lui de proposer un produit pas nécessairement final et qui peut être assez éclaté, ce qu’il trouve « rassurant ». « Durant les Biennales, on peut proposer des choses éclatées mais il faut le faire doucement. On part quand-même des ensembles folkloriques, il y a des œillères qui sont là, c’est pas comme dans la danse contemporaine où tout est possible et où tu vas te dire : “Je vais pisser dans un pot et ça va être acceptable”. Déjà je me dis que ma proposition est éclatée alors qu’elle ne l’est pas tant que ça. »

(re)tracer est la première création d’Antoine dans le cadre de la gigue contemporaine et en dehors de l’université. « Il n’y a pas de musique parce que j’avais envie d’explorer les sons du corps, je ne voulais pas les cacher ou les influencer. Il y a quelque chose qui m’a toujours un peu agacé, c’est le fait qu’on cherche toujours à avoir un son clair, juste et précis : je voulais explorer ce qu’il y a autour, un son pas précis justement, qu’on le travaille et qu’on arrive à en faire quelque chose de musical ».

«Antoine travaille beaucoup sur le groove du corps et la notion de bruits parasitaires, il porte son attention sur des qualités cachées de la gigue qu’il essaie de révéler au grand jour. Et c’est un interprète de talent », commente Lük Fleury, chorégraphe et directeur général et artistique de la BIGICO.

En plus d’être chorégraphe dans le cadre de ce OFF, Antoine Turmine sera aussi l’interprète de deux des créations présentées.

 

Discussion en deux temps avec Lük Fleury, qui a initié le mouvement de la gigue contemporaine en 1999 :

Lük Fleury, directeur général et artistique de la BIGICO et chorégraphe
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Lük Fleury, directeur général et artistique de la BIGICO et chorégraphe

Pourquoi avoir créé ce OFF BIGICO ?

« Avec notre partenaire de diffusion, Tangente – depuis 2005 – on a décidé de fonder la Biennale de gigue contemporaine. C’est un cadre plus formel et je voulais donner à la relève l’occasion d’œuvrer dans l’expérimentation. Aussi, puisque l’on est un diffuseur spécialisé, il nous faut un bassin d’artistes, c’est comme si je lançais la nouvelle génération chorégraphique avec ce OFF.»

Un petit rappel de ce qu’est la gigue traditionnelle, versus la gigue contemporaine ?

« La gigue traditionnelle est une danse orchestrée principalement au niveau des jambes, donc une orchestration rythmique faite au niveau des pieds, des chevilles, des genoux : le haut du corps n’est habituellement pas impliqué. C’est typiquement québécois, ça fait partie de nos origines dans la danse traditionnelle, à l’origine ça vient d’Écosse, de Grande-Bretagne et de l’Irlande. »

La gigue contemporaine c’est vraiment un travail de modernisation, d’actualisation, c’est plonger la gigue dans d’autres esthétiques : musicales déjà, puisqu’on peut faire de la gigue sur de la musique techno, électro, de la musique classique ou sur aucune musique. Et des esthétiques de danse aussi, contemporaine, urbaine... Ou encore, c’est plonger ça dans d’autres disciplines comme le théâtre.

Aujourd’hui la plupart des gens ont surtout des idées reçues sur la gigue, ils associent ça seulement au temps des Fêtes, au temps des sucres, alors que la gigue est un matériau expressif qui peut s’allier à toutes les émotions. »

Lük Fleury présentera également une chorégraphie dans le cadre de ce OFF.


Horaire du OFF BIGICO

8-9 avril à 20h

10 avril à 16h

Théâtre Aux Écuries, Salle du Ring

Régulier : 23$/ Étudiant : 19$


Chorégraphies présentées

-Linguae motus de Sébastien Chalumeau

-Espace 2016 de Lük Fleury

-Qui? de Chantale Gascon

-Sonore désaccord de Benjamin Hatcher

-Inspiration de Sandrine Martel-Laferrière

-Prends su'toé de Philippe Meunier et Ian Yaworski

-Exercice d'improvisation à six pieds et trois cerveaux de Jonathan C. Rousseau

-Extrait de Clochette de Sébastien Talbot

-Prescrit pour pieds de Marie-Ève Tremblay

-Mi-gigue, mi-raisin de Mélissandre Tremblay-Bourassa

-(re)tracer d'Antoine Turmine