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D’amour et d’amitié

Renée Martel et Patrick Norman
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Patrick Norman et Renée Martel sont amis depuis 1974.

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Deux légendes du country qui se connaissent depuis plus de 40 ans, Renée Martel et Patrick Norman, n’avaient jamais enregistré ensemble un disque de chansons originales. C’est maintenant chose faite avec Nous, un album qui célèbre leur amitié, mais aussi leur longue histoire d’amour avec le public.

Essayer d’interviewer Patrick Norman et Renée Martel n’est pas une mince affaire. Posez-leur une simple question sur leur amitié et les deux artistes se remémoreront des anecdotes pendant une bonne dizaine de minutes en rigolant.

C’est en 1974, au restaurant Claude St-Jean Steakhouse, à Greenfield Park, sur la Rive-Sud, dans la région de Montréal, que les deux chanteurs se sont ­rencontrés pour la première fois. Depuis sept ans, Patrick Norman y était le chanteur régulier, montant sur la scène du restaurant à raison de cinq ou six soirs par semaine.

Renée Martel, elle, était déjà une grande vedette du country. C’est à l’occasion d’un simple repas dans ce restaurant que la chanteuse a ­découvert la voix de Patrick.

«Je me suis dit: wow, il a toute une voix ce gars-là! C’est qui? Par la suite, je suis souvent allée au ­restaurant simplement pour ­l’entendre.»

«Tu ne m’avais jamais dit ça! ­rétorque Patrick. Renée, je la connaissais déjà à l’époque. J’étais tout petit et j’écoutais ses disques.»

«Va donc...!», lance Renée, avant que les deux éclatent de rire.

Partage

Les années ont passé et les deux artistes­­ ont souvent partagé le ­micro, allant­­ jusqu’à coanimer l’émission Patrick­­ et Renée, à la fin des années 1970. «C’est là qu’on avait sorti un album­­ de compilation», se souvient Renée­­.

Mais jamais ils n’avaient pensé faire un album de morceaux ­originaux, trop occupés par leurs carrières respectives. «Sauf que ­depuis les trois dernières années, j’avais ça dans la tête, confie ­Renée. J’ai dit à Patrick que si on attendait d’avoir tous les deux le temps dans notre horaire, on ne le ferait jamais.»

Agendas communs

Ils ont ainsi fait concorder leurs agendas et ils ont travaillé sur un disque de dix compositions originales et une reprise, Nous. «Le fil conducteur de l’album, c’est notre longue amitié et notre histoire d’amour avec le public, dit Patrick. Il y a quelque chose de palpable là-dedans.»

«Et pour répondre aux questions du public, non, nous n’avons jamais été amants!» ajoute-t-il, sous l’air ­incrédule de sa comparse.

«Tabarouette, c’est la première fois que tu dis ça!», lance Renée.

«Je m’en vantais tout le temps avant. C’était bon pour mon image», réplique Patrick, moqueur.

Après 40 ans d’amitié, Patrick Norman et Renée Martel n’ont visiblement pas fini de se tirer la pipe!

  • L’album Nous, de Renée Martel et Patrick Norman, paraîtra le 15 avril prochain.
  • Les deux chanteurs partiront en tournée ensemble tout l’automne prochain, de septembre à décembre. Ils seront notamment au Festival Western de Saint-Tite (9 septembre), à Joliette (6 octobre), Trois-Rivières (15 octobre) et ­Sainte-Foy (27 novembre).

Les pièces de Nous expliquées

Renée Martel et Patrick Norman
Photo courtoisie

Ouverture
Patrick > «C’est une chanson de Mario Peluso qui explique comment on se sent juste avant de monter sur scène. On se sent seul au monde. On est très fébrile. On ne sait pas comment on va être accueilli. Le cœur qui bat comme une porte au vent. Tout d’un coup, on s’avance dans la lumière de vos silences...»
Renée > «Ça donne vraiment une belle description de chaque artiste. Moi, je tremble comme une feuille en arrière. J’ai été longtemps à me dire: je vais perdre connaissance sur la scène!»

Amis d’amour
Patrick >
«Une chanson superbe de Michel Rivard et Ève Déziel. Ça illustre qui on est vraiment, notre amitié. Ami d’amour, amour d’amie. On en a vu des soleils se lever et des matins gris. Mais on s’est toujours dit qu’on resterait des amis. Ce qui me touche chez Renée, c’est que quand ça va bien pour elle, je suis l’un des premiers qu’elle appelle. Et quand ça va mal, c’est la même chose.»
Renée > «L’amitié qu’on a n’est pas juste professionnelle. Une amitié, ça se bâtit au fil des ans. Moi, je me souviens quand mon père est décédé, j’ai appelé Patrick en premier. Même chose quand ma mère est décédée. C’est une amitié qui s’est construite avec les années. Un ami, il est là pour toi. Et t’es là pour lui.»

Quelque part entre les deux
Patrick > «Nelson Minville, quel être extraordinaire­­! Je le connaissais depuis ­longtemps, mais c’est la première fois que je ­collabore avec lui. C’est un gars qui a une ­finesse avec les mots et les paroles­­, c’est ­incroyable. Je l’ai découvert récemment.»
Renée > «C’est mon auteur fétiche, parce que ­depuis L’héritage [sorti en 2008], Nelson a écrit sur chaque album. Il y a deux albums dont le titre est celui d’une chanson de Nelson.»

M’aimeras-tu demain?
Patrick > «C’est une autre chanson de Nelson. Ce sont des morceaux qui rappellent un peu les gros succès de Renée, comme Tu n’es plus là, je trouve.»

Juste un instant
Patrick > «C’était une chanson que j’avais en ­anglais depuis 30 ans, qui s’appelait Still On My Mind. Je l’ai proposée à Renée qui l’a aimée tout de suite. Elle a fait les textes dessus. La musique est d’Albert Babin, qui vient de nous quitter. C’est un gars que j’aimais énormément. Je lui ai envoyé la chanson quand il était aux soins ­palliatifs. Je lui ai dit: je veux que tu l’emportes avec toi, cette chanson-là.»

Tant de tendresse
Patrick > «Bourbon Gauthier, que dire de lui, à part que c’est un chum? C’est un gars qui a une finesse.»
Renée > «Je travaille aussi avec lui depuis ­L’héritage. Bourbon est très mélodique. J’aime travailler avec lui.»

On est là
Patrick > «La chanson est d’Éric Goulet, qui est le réalisateur de l’album. C’est un gars très prolifique. Il m’a vraiment impressionné. C’était la première fois que je travaillais avec lui. Renée a tout de suite dit qu’elle voulait travailler avec lui pour l’album. Quand il est venu faire l’émission Pour l’amour du country, je le lui ai proposé.»
Renée > «Éric est un gars introverti, qui ne se vend pas nécessairement. Je le vois aller depuis quelques années.»
Patrick > «Il est low profile, mais les eaux ­tranquilles sont profondes.»

Amis pour la vie
Patrick > «Je suis revenu à mes anciennes amours avec mon ancien chum, Robert Laurin, qui est le compositeur de Quand on est en amour, Elle s’en va, L’amour ensemble, La plus belle chanson. Il en a fait, des hits. C’est un ancien policier de Montréal qui est à la retraite. J’avais ce démo-là depuis tellement longtemps. C’était un démo en anglais qui s’appelait Very Special Friends. Je lui ai demandé de faire une version française.»

Une chanson, une guitare
Patrick > «Encore Bourbon Gauthier, celle-là. Du fun au boutte.»
Renée > «C’est une chanson que j’ai écrite. J’ai envoyé un texte à Bourbon en lui disant que je voulais quelque chose qui bouge.»

Déjà demain
Patrick > «Encore du Nelson Minville. Une chanson très émouvante et touchante. Elle traite du parcours d’un couple. Je suis certain que les gens vont saisir ça chaque fois qu’ils vont fêter des noces d’argent, d’or, de diamant. Chaque fois qu’ils vont fêter l’amour qui dure, ils vont faire jouer cette chanson.»

Nous
Patrick > «La seule reprise que contient l’album. C’est “nous”. La chanson faisait partie de ­l’album Quand on est en amour. C’est la seule chanson de ce disque dont j’ai fait le texte. ­D’habitude, j’ai plus de stock que ça. Je me suis fait tasser en maudit! Mais au moins, je me suis fait tasser par des bons.»
Renée > «La chanson Nous, c’est la seule affaire que j’avais en tête comme titre pour l’album. C’était “nous”. Quand tu dis Nous, ça nous ­identifie. Je trouve que ça finit bien l’album.»