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Ils doivent faire 5 km depuis un an pour aller chercher leur courrier

Les copropriétaires craignent que le problème dure encore longtemps

Ça ne passe pas comme une lettre à la poste. Le Journal a accompagné mercredi Jean Chambers, qui est allé chercher son courrier à près de 5 km de chez lui.
Photo courtoisie Ça ne passe pas comme une lettre à la poste. Le Journal a accompagné mercredi Jean Chambers, qui est allé chercher son courrier à près de 5 km de chez lui.

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Depuis un an, des dizaines de propriétaires de maisons de ville du quartier Rosemont doivent parcourir 5 km pour aller chercher leur courrier, à cause d’une série de mésententes.

La tâche est d’autant plus pénible que le courrier est conservé dans un centre de distribution qui n’est ouvert qu’entre 9 h et 13 h 30 la semaine.

«On se fait presque dire, par la Ville, de s’arranger avec nos troubles, dit Adeline Caron, l’une des 44 copropriétaires touchés. «On travaille! C’est rendu qu’on se signe des procurations entre nous pour qu’une personne aille chercher le courrier des autres.»

Peu de services

En juin 2015, Mme Caron a payé plus d’un demi-million de dollars sa maison de ville neuve dans le quartier Rosemont, un projet résidentiel près des anciennes shops Angus.

Jamais elle n’aurait pensé qu’à ce prix, l’achat n’incluait ni la livraison du courrier ni le ramassage des ordures (voir encadré). Car le courrier n’a jamais été livré depuis l’arrivée des premiers résidents en décembre 2014. Ceux-ci doivent le récupérer sur la rue de Marseille, dans le quartier Hochelaga.

Ça dégénère

Une série de désaccords entre l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, le constructeur Groupe Axxco-Angus et Postes Canada empêche la livraison du courrier.

Au départ, le constructeur avait prévu d’installer des boîtes aux lettres devant chaque porte.

Postes Canada les a ensuite avisés qu’elle n’installait que des boîtes postales communautaires pour les nouveaux projets. Et c’est là que les choses ont dégénéré.

Selon les résidents, l’arrondissement leur aurait dit qu’il n’avait pas autorisé de boîtes communautaires dans les plans.

Par la suite, la Ville n’aurait pas autorisé l’installation temporaire de boîtes, le temps de régler la question.

De son côté, le constructeur refuserait de les permettre, de peur de perdre un dépôt de 50 000 $ s’il contrevient au plan d’aménagement paysager autorisé par la Ville.

L’arrondissement a refusé de nous parler, étant donné qu’une plainte a été faite à l’ombudsman. Et Postes Canada ne nous a pas rappelés.

Depuis, Postes Canada a étendu les heures de service jusqu’à 16 h 30, mais ce n’est guère plus utile pour les résidents.

«L’arrondissement vient de proposer de livrer le courrier au bureau de poste près d’ici, sur la rue Masson, mais le bureau prévoit fermer dans trois mois. On ne sera pas plus avancés après», dit Adeline Caron.

Les résidents ne semblent pas au bout de leurs peines.

«Avec un tel manque de collaboration, on s’attend à devoir aller chercher notre courrier pendant encore 18 mois», estime Jean Chambers, président d’un des syndicats de copropriétaires.